fbpx
Lorsque l’Université McGill aura obtenu une licence de Santé Canada, elle produira des plants de cannabis à des fins de recherche et de formation. Crédit photo : 7raysmarketing/Pixabay/CC

Lorsque l’Université McGill aura obtenu une licence de Santé Canada, elle produira des plants de cannabis à des fins de recherche et de formation. Crédit photo : 7raysmarketing/Pixabay/CC

La culture du cannabis sur les bancs d’école

D’entrée de jeu, Anja Geitmann, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de l’Université McGill, clarifie les choses : les nouvelles formations sur la culture du cannabis, qui seront offertes dans le cadre du programme des Sciences de l’agriculture et de l’environnement, ne s’adressent pas à monsieur et madame Tout-le-Monde qui souhaiteraient faire pousser quelques plants de cannabis à la maison.

Ces cours sont destinés aux détenteurs d’un baccalauréat en agronomie ou dans un domaine connexe comme la biologie végétale, la technologie horticole ou le génie des bioressources, qui souhaitent poursuivre leur carrière dans l’industrie de la culture du cannabis à grande échelle.

« Nous comptons accueillir de 20 à 30 étudiants dès janvier 2020 », précise Mme Geitmann. Durant huit mois, les étudiants suivront des formations théoriques telles que biologie, contrôle des ravageurs et des maladies, aspects légaux et éthiques, commercialisation à des fins thérapeutiques et plusieurs autres, puis ils feront un stage de 12 semaines en industrie. Bien que ces cours ciblent la culture de cannabis à des fins thérapeutiques, les connaissances s’appliqueront également au marché récréatif. 

Une intensification de la recherche

Avant la légalisation du cannabis au Canada, pratiquement aucun chercheur universitaire ne pouvait cultiver ou étudier la plante. Par conséquent, il reste énormément à apprendre sur ses vertus médicinales. Les perspectives d’emploi sont aussi excellentes puisqu’on estime que le secteur aura besoin de plus de 100 000 travailleurs qualifiés au cours des prochaines années. Les étudiants formés à l’Université McGill pourront occuper, entre autres, des postes de maîtres cultivateurs (responsables de la production de cannabis en serre), de gestionnaires de l’assurance qualité, de chefs d’équipe en développement de produits, de microbiologistes et de spécialistes en irrigation.

« Nous sommes en train de monter un centre de recherche sur le cannabis qui réunira une cinquantaine de chercheurs en provenance des départements des sciences végétales, de médecine et de génie », explique Mme Geitmann. Les sujets d’étude sont très variés, allant de la résistance du cannabis aux champignons pathogènes aux vertus de cette plante pour traiter l’asthme, les nausées et certaines formes d’épilepsie, et calmer la douleur chronique.

Un secteur d’avenir pour les agriculteurs

La doyenne est aussi convaincue que la culture du cannabis médical attirera des personnes qui, a priori, ne s’intéressaient pas à l’agriculture, mais qui souhaitent relever des défis. Présentement, au Québec, les techniques de production de cette plante ne reposent pas encore sur de solides bases scientifiques. C’est pourquoi les industries font des essais en serre (hydroponie, aéroponie, culture en plein sol) pour déterminer les méthodes les plus prometteuses pour une production de qualité en quantité suffisante. « Nous assistons à un mariage entre l’agriculture et la pharmacologie », conclut-elle. 

Que contient le cannabis?

Le cannabis est bien connu pour ses effets euphorisants causés principalement par le THC (tétrahydrocannabinol). Mais il contient des centaines d’autres substances dont certaines ont des propriétés pharmacologiques. Le cannabidiol, une substance non psychoactive et assez abondante, est utilisé pour traiter l’anxiété et la douleur. Or, la concentration relative de ces composés dépend de la variété de cannabis, des techniques de culture et des conditions de croissance comme la lumière et l’humidité.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse