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Justine Richard-Giroux, entrepreneure et étudiante à la maîtrise en sciences animales. Crédit photo : Laura Thériault

Justine Richard-Giroux, entrepreneure et étudiante à la maîtrise en sciences animales. Crédit photo : Laura Thériault

Les insectes au service de l’agriculture

Justine Richard-Giroux, entrepreneure et étudiante à la maîtrise en sciences animales, travaille sur une solution innovante pour la gestion des matières résiduelles dans le secteur de la nutrition animale, en se servant d’un procédé de transformation écologique et économique.

Comment? En intégrant des larves de mouches séchées dans l’alimentation des animaux domestiques et de certains animaux d’élevage.

Depuis quelques années, l’utilisation des insectes comme source de nutriments dans l’alimentation animale a effectivement le vent dans les voiles. Saviez-vous que les larves d’insectes sont constituées à plus de 45 % de protéines et de 30 % de lipides?

Le projet de recherche de Justine consiste à évaluer plusieurs types de résidus organiques disponibles sur le territoire du Québec et à fabriquer des mélanges avec ceux-ci. Les mélanges nutritifs sont donnés à des larves de mouches soldats noires pour mesurer l’impact des diètes sur leur croissance, leur productivité ainsi que sur la bioconversion. Puis, les larves sont analysées afin de connaître leur composition nutritionnelle. Elles deviendront ensuite un ingrédient clé dans la formulation de moulée pour les poulets de chair et les poissons d’élevage.

Les mélanges nutritifs sont donnés à des larves de mouches soldats noires afin d’évaluer l’impact des diètes sur leur croissance, leur productivité ainsi que sur la bioconversion. Crédit photo : Gracieuseté de la FSAA

Les mélanges nutritifs sont donnés à des larves de mouches soldats noires afin d’évaluer l’impact des diètes sur leur croissance, leur productivité ainsi que sur la bioconversion. Crédit photo : Gracieuseté de la FSAA

C’est à la lumière de ses travaux de recherche que Justine Richard-Giroux a fondé l’entreprise Exuvie : « Mon but ultime est de développer un nouvel ingrédient pour l’alimentation animale, riche en nutriments, qui a une faible empreinte écologique afin que les producteurs de volailles, de porcs et d’autres productions du Québec puissent intégrer cette solution durable dans leur entreprise », explique-t-elle.

Tout récemment, elle s’est vu attribuer la prestigieuse bourse Pierre-Péladeau de 30 000 $ en appui au développement de son entreprise.

Cette nouvelle industrie redonne de la valeur aux milliers de tonnes de déchets organiques produits annuellement au Québec en plus de remettre en circulation tous les nutriments qui, autrement, auraient fini leur vie dans un site d’enfouissement. « Le Québec est une province qui s’est bâtie autour de l’exploitation de ses ressources naturelles. Nos déchets font partie de ces ressources d’une valeur inestimable. C’est à nous de développer les technologies nécessaires pour les exploiter de façon propre et durable afin de continuer à bâtir le Québec de demain », conclut-elle.

En 105 ans d’histoire, la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’alimentation (FSAA) a vu naître les premiers agronomes formés en français au Québec ainsi que d’innombrables innovations techniques, scientifiques, pédagogiques et sociales. Que ce soit en production animale, végétale ou en sol et en environnement, ces innovations transforment positivement les pratiques de l’agriculture et de l’agroalimentaire pour le plus grand bienfait de l’ensemble de la collectivité.