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« Les hormones de croissance administrées aux animaux ne font qu’augmenter faiblement la quantité d’hormones qu’ils produisent déjà naturellement », affirme Joe Schwarcz.

« Les hormones de croissance administrées aux animaux ne font qu’augmenter faiblement la quantité d’hormones qu’ils produisent déjà naturellement », affirme Joe Schwarcz.

Démystifier les hormones de croissance

« Les publicités de certains restaurateurs, qui affirment que leur viande bovine est meilleure pour la santé parce qu’elle ne contient pas d’hormones de croissance, sont trompeuses », soutient fermement Joe Schwarcz, directeur de l’Organisation pour la science et la société de l’Université McGill.

Ces publicités se nourrissent de la controverse entourant l’utilisation d’hormones pour favoriser une croissance rapide de l’animal, obtenir une viande plus maigre et ainsi augmenter la production tout en limitant les coûts. Les détracteurs accusent notamment les hormones de croissance de causer des cancers, une puberté précoce et un dérèglement hormonal chez les consommateurs. Ils allèguent également que les producteurs « jouent à Dieu » en « boostant » la croissance des animaux à coup d’hormones supplémentaires.

Joe Schwarcz

Joe Schwarcz

Pour Joe Schwarcz, il n’y a pourtant aucun débat et surtout, aucune crainte à avoir à l’égard des hormones de croissance utilisées dans l’élevage des bovins. « Il faut savoir que ces hormones sont d’origine naturelle, comme certains œstrogènes, la progestérone et la testostérone. En administrant aux animaux des hormones de croissance, on ne fait qu’augmenter faiblement la quantité d’hormones qu’ils produisent déjà naturellement. De plus, aucune étude scientifique rigoureuse n’a pu établir que les hormones de croissance posaient un risque quelconque pour la santé humaine ».

La raison est simple : une fois le hamburger ou le steak dans l’assiette du consommateur, il ne reste que des traces minimes de ces hormones ajoutées. Selon des analyses poussées effectuées par plusieurs chercheurs et agences d’inspection des aliments, on ne retrouverait que 4 nanogrammes d’œstrogènes dans 175 grammes de viande de bœuf traité aux hormones de croissance contre 3 nanogrammes pour la même portion de viande provenant d’un bœuf élevé sans hormones ajoutées. Une différence de 1 milliardième de gramme!
En comparaison, on retrouve 52 milligrammes, soit 52 000 000 nanogrammes, d’œstrogènes dans 200 ml de lait de soya. Et personne n’en fait de cas, précise M. Schwarcz. La bière, la pilule contraceptive, les œufs et le lait contiennent aussi tous plus d’œstrogènes qu’une boulette de viande.

Se basant sur ces données, l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, Santé Canada et l’Administration américaine des aliments et des médicaments estiment que « l’utilisation des stimulateurs de croissance en production animale est sans risque pour la santé humaine s’ils sont employés conformément aux usages vétérinaires prescrits. »

Selon M. Schwarcz, les consommateurs ne devraient pas s’inquiéter de la présence ou non d’hormones de croissance dans la viande qu’ils mangent, mais plutôt se préoccuper de la concentration en gras saturés ou du potentiel cancérigène de la viande rouge grillée qui se retrouve dans leur assiette.

Hormones interdites

Les hormones de croissance sont interdites dans l’élevage de volailles et de porcs au Canada : elles sont trop difficiles à mesurer et donnent des gains de production minimes.

Nathalie Kinnard, Agence Science-Presse