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Le cycle de l’azote dans l’utilisation de l’urée au démarreur. Crédit photo : Gracieuseté du réseau Agrocentre

Le cycle de l’azote dans l’utilisation de l’urée au démarreur. Crédit photo : Gracieuseté du réseau Agrocentre

Choisir l’urée au démarrage impose des précautions

Devrait-on éviter l’urée comme source d’azote dans les formules de démarreurs granulaires? Si d’autres sources d’azote peuvent être utilisées, pourquoi s’exposer aux risques liés au dégagement d’ammoniac? En conditions froides, l’urée doit se transformer pour être assimilable par les cultures. Lors de sa transformation, il y a formation d’ammoniac, qui, en trop grande quantité, peut affecter le germe et ainsi nuire à l’établissement des plants. Dans certaines situations, la population s’en trouve considérablement diminuée.

Plusieurs sources d’azote sont disponibles sous forme granulaire. C’est l’ammonitrate de calcium qui est principalement utilisé pour la formulation des démarreurs. La raison est simple : il est directement assimilable par la plante et ne présente aucun risque de dégagement d’ammoniac. En regardant l’image du cycle de l’azote, on remarque très bien que la première étape de transformation de l’urée est son passage sous la forme ammoniacale, avant d’être oxydée vers une forme plus assimilable par les végétaux.

Ainsi, si un agriculteur souhaite absolument mettre de l’urée au démarreur pour épargner quelques dollars, il doit impérativement prendre certaines précautions, en considérant que cette décision est purement économique et non agronomique. Tout d’abord, il devra s’assurer que les disques du planteur positionnent bien le fertilisant à 2 pouces de la semence. En tant qu’agronome, il m’est arrivé de voir l’effet d’un mauvais ajustement sur un planteur où l’un des disques n’était pas réglé à la bonne distance, positionnant la bande de fertilisant à moins d’un pouce de la semence. Quelle a été la surprise lorsque le maïs a poussé? Il manquait un rang sur toute la superficie de la ferme. Ensuite, il est important de vérifier la justesse des taux d’application, spécialement lors de journées chaudes et humides, car l’urée étant très hygroscopique, il pourrait en résulter un mélange de fertilisants beaucoup plus humide. L’humidité rend le matériel plus collant, entravant sa descente et augmentant le risque qu’il colle sur la vis d’entraînement.

La situation diffère avec les démarreurs liquides, particulièrement les 2 x 2, qui sont positionnés deux pouces à côté de la semence et deux pouces en dessous. Le choix des sources d’azote liquide est très limité et c’est donc la solution azotée 32 % qui est utilisée. Le problème, c’est que 50 % de l’azote qu’elle renferme est sous forme d’urée. Il faut alors être plus prudent et limiter la dose, surtout en sol sableux. Par contre, comme cette source d’azote contient aussi de l’ammonium et des nitrates, elle est, du moins en partie, plus rapidement assimilable par la plante, ce qui en fait une source plus agronomique que de l’urée employée seule au printemps.

Dans les deux cas, la règle générale est de ne pas dépasser un apport de 30 kg/ha d’azote sous forme d’urée dans la fertilisation au démarreur.

Jouons de prudence et évitons le plus possible les situations à risque!

L’urée granulaire en bref

L’urée (46-0-0) est la source d’azote la plus utilisée au Québec. On l’emploie le plus souvent dans les applications à la volée au printemps ou en post-levée pour compléter la fertilisation azotée. Sa concentration en fait un engrais pratique qui permet de diminuer le taux d’application et ainsi de couvrir plus de superficies avec moins de tonnage.

Yannick Méthot, Agronome, Gestionnaire de comptes, réseau Agrocentre