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Au-delà de l’aspect ornemental, l’utilisation de plantes fait dorénavant partie des moyens concrets pour améliorer le cadre de vie et résoudre des problématiques de santé publique. Photo : Gracieuseté de Julie Vézina

Au-delà de l’aspect ornemental, l’utilisation de plantes fait dorénavant partie des moyens concrets pour améliorer le cadre de vie et résoudre des problématiques de santé publique. Photo : Gracieuseté de Julie Vézina

Biophilie : le contact avec les plantes, essentiel à la santé

Le contact visuel avec la nature procure à tous les humains des effets psychophysiologiques positifs. Inconsciemment, on y trouve les éléments qui nous ont permis de survivre et d’évoluer depuis des millénaires; notre cerveau s’en souvient et des éléments tels que l’eau, la lumière naturelle et des paysages verdoyants, ou un simple rappel de ces derniers, l’apaisent.

La biophilie, une spécialité moderne

Formé de la racine grecque « bio » (la vie) et du suffixe « philie » (qui aime), le terme « biophilie » désigne l’amour fondamental des humains pour le vivant, un amour inné tellement puissant que l’on peut tomber malade si l’on s’en prive!

Mis de l’avant par le psychanalyste américain Erich Fromm dans les années 1960, le concept de biophilie a été largement développé dans les années 1980 par le biologiste américain Edward O. Wilson, qui a publié en 1984 son célèbre ouvrage Biophilia.

Les avancées scientifiques des dernières décennies démontrent clairement que le contact avec la nature est indispensable à la santé mentale et que ce lien est universel. On lui accorde entre autres les avantages suivants :

  • Réduction du stress;
  • Accroissement du sentiment de bien-être;
  • Restauration psychologique (capacités cognitives);
  • Augmentation de la productivité et du rendement;
  • Stimulation de la créativité et de l’inspiration;
  • Propension aux émotions et attitudes positives;
  • Stimulation de la motivation et de l’enthousiasme à la tâche;
  • Amélioration de la capacité de concentration;
  • Hausse du plaisir, du bonheur et de la résistance à l’épuisement;
  • Au travail, réduction de l’absentéisme et du présentéisme (présent de corps, mais absent d’esprit!).

Sept astuces biophiliques pour maintenir un lien avec la nature

  • Favoriser l’éclairage naturel (celui que préfère notre cerveau).
  • Utiliser des couleurs, des matériaux et des motifs d’aspect naturel. Le vert, le bleu, le jaune et le rouge ont des effets positifs. Les tons de gris favorisent le stress.
  • Végétaliser l’intérieur et l’extérieur des bâtiments de manière à créer un contact visuel permanent avec les végétaux.
  • De l’intérieur, voir des plantes par les fenêtres, sans oublier des conifères pour l’hiver.
  • Mettre en valeur l’eau (fontaine, aquarium, bassin, etc.). Voir et entendre l’eau est bon pour l’esprit.
  • Sentir le temps qui passe en variant la luminosité et la température, de façon à discerner le matin, le jour et le soir. Ces variations cycliques sont importantes.
  • Ouvrir les fenêtres pour ressentir l’air (mouvement et température).

Verdir son environnement pour stimuler ses neurones et combattre le stress

De toutes les astuces biophiliques, verdir est l’une des plus faciles à mettre en pratique. Publié en 2015, le rapport Human Spaces : incidence globale du design biophilique sur l’environnement de travail indique que, comparativement aux personnes qui travaillent dans des milieux dépourvus de connexion avec la nature, les employés qui se trouvent dans des milieux dotés d’éléments naturels tels que de la verdure ou un éclairage naturel :

  • notent une hausse de 15 % de leur sentiment de bien-être;
  • sont 6 % plus productifs;
  • sont 15 % plus créatifs.

De plus, 33 % des employés précisent que le « design nature » du bureau aurait une influence sur leur décision de travailler pour une entreprise.

Ainsi, au-delà de l’aspect ornemental, l’utilisation de plantes fait dorénavant ­partie des moyens concrets pour améliorer le cadre de vie et résoudre des problématiques de santé publique.

Claude Vallée, M. Sc., AGR., professeur en horticulture ornementale, environnementale, nourricière et biophilique, Institut de technologie agroalimentaire, campus Saint-Hyacinthe