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Valérie Orsat est professeure titulaire au Département de génie des bioressources de l’Université McGill. Photos : Marie-Josée Dumont

Valérie Orsat est professeure titulaire au Département de génie des bioressources de l’Université McGill. Photos : Marie-Josée Dumont

1 001 façons de valoriser les résidus agricoles

Valérie Orsat, ingénieure alimentaire, consacre ses énergies à trouver des solutions pour valoriser la biomasse agricole. « Mon travail est extrêmement satisfaisant, car mes découvertes ont des applications dans des domaines aussi variés que les cosmétiques, les produits de santé naturels et les additifs alimentaires », affirme la chercheuse affiliée à l’Université McGill.

Il y a un an, Mme Orsat et l’entreprise québécoise Khlôros Innovations ont ainsi travaillé à développer des gommes à mâcher pouvant contribuer à soulager le stress et à moduler le taux de sucre sanguin. Cette gamme de produits, appelée « chewpod », renferme divers extraits de plantes dont les vertus sont reconnues scientifiquement. Ces gommes ont l’avantage d’agir très rapidement – en cinq minutes environ –, car les molécules actives qu’elles contiennent sont absorbées au niveau de la bouche.

Aux résidus végétaux récupérés et broyés, elle ajoute un solvant – de l’eau ou de l’éthanol –, puis elle chauffe la solution au micro-ondes pour extraire les ingrédients actifs d’une substance donnée. « Cette méthode fonctionne mieux qu’avec une plaque chauffante ou un four conventionnel, car les micro-ondes font monter la température de la solution plus rapidement, ce qui permet d’extraire la molécule bioactive sans la dégrader. Ensuite, il reste à la purifier », explique-t-elle.

En plus de l’extraction aux micro-ondes, Mme Orsat emploie d’autres techniques pour valoriser la biomasse agricole. En collaboration avec la compagnie Lassonde, elle a utilisé un procédé de transformation par haute pression pour extraire du marc de pommes une poudre qui peut être ajoutée à des biscuits ou à des barres énergétiques dans le but d’augmenter leur teneur en fibres. La chercheuse s’intéresse également aux propriétés antioxydantes et antimicrobiennes de certaines molécules présentes dans les marcs de bleuets et de canneberges.

Marc de canneberges.

Marc de canneberges.

En 2016, Mme Orsat a collaboré avec la compagnie Parmalat afin d’ajouter différentes fractions protéinées de fèves blanches à de la crème glacée pour lui conférer une texture agréable et une plus forte teneur en protéines. 

Enfin, ses étudiants travaillent actuellement à produire des polymères biodégradables susceptibles de remplacer certains plastiques par bioraffinage. Pour ce faire, ils ont eu recours à des microorganismes pour fermenter la cellulose tirée de résidus forestiers.

Le bioraffinage

Ce procédé industriel consiste à transformer des résidus végétaux en produits traditionnellement issus de l’industrie pétrochimique tels que carburants fossiles, plastiques et vanilline. La production de bioéthanol à partir de cellulose provenant de résidus agricoles ou forestiers en est un exemple.

Marie-Claude Ouellet, Agence Science-Presse