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Pour vos implantations de prairies, pensez trèfle d’Alexandrie

Si les céréales en plante-abri vous ennuient, sachez que le trèfle d’Alexandrie, lui aussi, sert de plante-abri pour l’implantation d’une prairie.

Le trèfle d’Alexandrie (Trifolium alexandrium ou berseem clover) est une plante annuelle. Il a une croissance rapide au printemps et un port dressé. Il peut être utilisé comme plante-abri pour les implantations de prairies.

Il y a plusieurs avantages à utiliser le trèfle d’Alexandrie en plante-abri. Parmi ceux-ci, une augmentation du rendement en fourrage l’année de l’implantation et une qualité fourragère améliorée par rapport à un foin qui a été implanté avec une céréale fourragère en plante-abri.

Mais à quel taux de semis? En 2016, le club agroenvironnemental de l’Estrie a conduit un essai de taux de semis en collaboration avec le MAPAQ Estrie (Huguette Martel, agr.). L’objectif était de valider le taux de semis optimal du trèfle d’Alexandrie. Nous voulions obtenir un maximum de rendement, mais sans nuire à l’implantation et à la survie hivernale de la prairie.

Une prairie de luzerne et de fléole des prés (80-20) a été implantée sans plante-abri ainsi qu’avec 0, 3, 5 ou 7 kg/ha de trèfle d’Alexandrie. Le coût des semences supplémentaires a été de 19 à 44 $/ha pour de 3 à 7 kg/ha respectivement, ce qui représente le seul coût supplémentaire de cette technique. En effet, le trèfle est ajouté aux semences de luzerne et de fléole des prés lors du semis. Nous avons obtenu un rendement de 6,5 tonnes de matière sèche à l’hectare avec 3 kg/ha de trèfle d’Alexandrie, soit une tonne de matière sèche à l’hectare de plus que la parcelle sans trèfle d’Alexandrie. L’augmentation du taux de semis du trèfle d’Alexandrie à 5 ou 7 kg/ha ne s’est cependant pas traduite en augmentation supplémentaire du rendement.  

De plus, le trèfle n’a pas eu d’influence sur l’implantation de la prairie. Le nombre de plants de fléole des prés et de luzerne a été sensiblement le même. La probabilité de survie à l’hiver a été évaluée avec deux facteurs, soit le nombre de branches de la luzerne à l’automne et la grosseur des collets. Les résultats nous permettent d’estimer qu’il n’y aura pas d’impact sur la survie à l’hiver.

Cependant, sachez que le trèfle d’Alexandrie n’est pas aussi compétitif envers les mauvaises herbes qu’une céréale. De plus, il est difficile d’utiliser un traitement herbicide en raison de la différence dans la vitesse de croissance entre les plantes fourragères, la plante-abri et les mauvaises herbes. Idéalement, vous devriez faire l’essai du trèfle d’Alexandrie dans un champ où la compétition des mauvaises herbes sera faible.

Consultez le conseiller du club-conseil de votre région pour en connaître davantage sur les façons novatrices d’implanter des prairies.

Stéphanie Durand, Club agroenvironnemental de l’Estrie