fbpx

La « mouche rose » vectrice de lutte intégrée

Réduire l’utilisation des insecticides dans la culture des oignons jaunes et verts est maintenant possible. Comment? À l’aide des mouches stériles, aussi appelées « mouches roses », une technique expérimentée et adoptée par plusieurs producteurs d’oignons de la Montérégie-Ouest pour lutter contre la mouche de l’oignon.

Depuis plus de 10 ans, la compagnie de recherche Phytodata inc., qui fait partie du Consortium PRISME, élève des mouches de l’oignon en Montérégie pour les stériliser. Dans le cadre d’un projet d’une durée de trois ans (2015-2018), le soutien financier du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) permettra à cette entreprise de soutenir l’évaluation biologique des champs et l’accompagnement agronomique pour les producteurs et conseillers soucieux de réduire l’impact environnemental de la production.

Quelles sont les étapes?

La première année, les populations de mouches de l’oignon des champs sélectionnés seront quantifiées par piégeage. Les données recueillies permettront, l’année suivante, de déterminer la quantité de mouches stériles à libérer. Le suivi s’étendra durant toute la saison de manière à déterminer la courbe d’évolution de la population naturelle du champ ou du groupe de champs selon la situation géographique.

La deuxième année, le piégeage se poursuivra avec l’introduction de mouches stériles (mouches roses) au besoin. Le maintien de bons ratios mouches stériles/naturelles permettra ensuite de remplacer les insecticides tout en conservant des rendements conséquents.

Quel est le financement accordé?

Une aide financière du MAPAQ est à la disposition des producteurs qui désirent faire l’acquisition de mouches roses. Ce soutien financier peut atteindre 10 000 $ par année, pour un maximum de 20 000 $ pour la période de 2017-2018, dans le cadre d’un projet pilote du ministère.

Cette technique de lutte intégrée dans la culture des oignons devrait permettre aux producteurs de diminuer l’utilisation du chlorpyrifos et ainsi réduire la présence de ce pesticide dans les cours d’eau.

Certains producteurs convaincus utilisent déjà les mouches roses sur l’ensemble de leur production d’oignons, sans chlorpyrifos granulaire au semis. La conscientisation et l’implication à une échelle régionale, et pourquoi pas provinciale, ne feront que renforcer l’efficacité de la technique.

Franck Bosquain, Phytodata