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Crédit photo : Archives /TCN

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Vitamines B : une question de bactéries

Chez les vaches laitières, l’efficacité métabolique est grandement affectée lorsque l’apport en vitamines B est insuffisant. Cela peut aller jusqu’à une différence de production de 4 kg de lait par jour dans certains cas, sans modifications de prise alimentaire.

Cependant, les concentrations de vitamines B dans la nourriture ne permettent pas de prédire les quantités qui seront disponibles pour l’animal. En effet, les pourcentages de vitamines qui atteignent les sites d’absorption varient largement en fonction des facteurs alimentaires que sont l’espèce végétale des fourrages, la longueur des particules, le niveau d’ingestion, le ratio fourrage/concentré, la maturité des plantes, les additifs, etc.

Par contre, toutes les vitamines B ne répondent pas de la même façon aux changements de rations décrits précédemment. La compréhension des facteurs impliqués dans la synthèse des vitamines B dans le rumen des vaches laitières peut permettre de déterminer les conditions sous lesquelles les apports en vitamines ne sont pas optimaux.

Malgré la dégradation extensive par des bactéries du rumen de 68 % de la thiamine, de 99 % de la riboflavine et de 70 % de l’acide folique (Santschi et autres, 2005) donnés en supplément, ces microorganismes sont aussi capables de produire jusqu’à 99 % de la vitamine B12 qui atteint le site d’absorption.

Une base de données est en train d’être créée au Centre de recherche et de développement sur le bovin laitier et le porc d’Agriculture et Agroalimentaire Canada afin d’élaborer, dans le futur, un modèle de prédiction de la disponibilité en vitamines B pour la vache laitière en fonction des conditions de gestion alimentaire. Ce modèle permettra aux producteurs de formuler leur conduite nutritionnelle en fonction des besoins de l’animal et d’évaluer la pertinence d’utiliser des suppléments de vitamines.

L’emploi des logiciels de formulations pour vaches laitières basés sur ces données devrait se traduire par une diminution des coûts de production des entreprises agricoles et une réduction de leur empreinte environnementale due à une augmentation de l’efficacité métabolique.

Douglas Castagnino, Université de Guelph et Nutrico Canada