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Vers une luzerne plus digeste

En productivité laitière, la qualité des aliments distribués aux vaches est primordiale. Une meilleure valeur nutritive des fourrages est souvent caractérisée par une plus grande digestibilité, ce qui permet d’accroître la conversion alimentaire de l’animal, c’est-à-dire sa capacité à produire plus de lait pour une même quantité de nourriture.

De plus en plus de cultivars de luzerne à digestibilité améliorée sont introduits sur le marché québécois. Comparativement à ceux qui sont couramment utilisés, cette caractéristique peut résulter d’une teneur en pectine plus élevée ou de tiges plus digestes. Il est aussi possible de diminuer la teneur en lignine de la plante pour faciliter l’absorption chez l’animal. La sélection génétique conventionnelle de même que le développement de variétés génétiquement modifiées (GM) peuvent être employés afin de produire de nouveaux fourrages à faible teneur en lignine. L’utilisation de luzerne GM est cependant plus polémique.

Impacts positifs à l’étude

Les avantages de l’amélioration de la digestibilité de la luzerne sont nombreux. Une diminution de la teneur en fibres moins faciles à digérer favorise la consommation volontaire de matière sèche de la vache, ce qui accroît par la même occasion sa production laitière. C’est également un bon moyen d’abaisser les rejets d’azote dans les fumiers puisque les protéines sont utilisées plus efficacement par l’animal. En plus de la diminution des coûts d’alimentation, l’impact environnemental de l’élevage laitier s’en voit réduit étant donné que la quantité de gaz à effet de serre produite par kilogramme de lait est moindre. 

La gestion des coupes de luzerne peut aussi avoir une incidence positive sur la digestion de la bête. Effectivement, une taille au stade bouton plutôt que lors de la floraison peut en améliorer la valeur nutritive. Néanmoins, cette gestion intensive peut augmenter la charge de travail au champ et générer potentiellement des rendements inférieurs. Par conséquent, des recherches sont effectuées afin de mesurer les impacts de l’introduction de cultivars plus digestibles de luzerne dans les cultures fourragères, d’étudier leur rentabilité et d’évaluer s’ils peuvent réellement répondre aux besoins des producteurs laitiers québécois.

Andréa L. Bellavance et Caroline Halde, Université Laval
Gaëtan Tremblay, Agriculture et Agroalimentaire Canada