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Un projet de recherche a été mis en place dans six régions du Québec pour évaluer la productivité d’espèces fourragères annuelles et pérennes dans le contexte de sécheresses répétées et de changements climatiques. Photo : Gracieuseté du CQPF

Un projet de recherche a été mis en place dans six régions du Québec pour évaluer la productivité d’espèces fourragères annuelles et pérennes dans le contexte de sécheresses répétées et de changements climatiques. Photo : Gracieuseté du CQPF

Sécheresse et plantes fourragères : des solutions à envisager

Dans le contexte de sécheresses répétées et de changements climatiques, l’approvisionnement en fourrage peut poser un problème à plusieurs producteurs agricoles. Un projet de recherche a été mis en place pour évaluer la productivité d’espèces fourragères annuelles et pérennes qui pourraient pallier le problème d’approvisionnement en fourrage attribuable aux conditions de déficit hydrique. Le projet, lancé en 2019 dans six régions du Québec, se poursuivra jusqu’en 2023. 

Le premier volet s’intéresse aux plantes-abri annuelles utilisées pour implanter un mélange luzerne-fléole des prés. À la suite de la première année du projet, réalisée en parcelles expérimentales sur trois sites, nous avons pu constater que les rendements étaient meilleurs avec l’herbe du Soudan, l’avoine fourragère et le millet japonais, et ce, pour les dates de semis allant de la mi-mai à la mi-juin. Pour un semis au début août, la réponse était variable selon les sites, mais l’avoine fourragère se démarquait. Le trèfle d’Alexandrie, le ray-grass annuel et le pois fourrager n’ont pas donné de rendements intéressants. L’herbe du Soudan, l’avoine fourragère et le millet japonais ont permis de limiter la présence des mauvaises herbes, mais ont également réduit le rendement en luzerne et fléole des prés l’année de l’implantation.

Ces trois espèces ont été implantées sur quatre vitrines de démonstration chez des producteurs agricoles au printemps 2020. Aucun des traitements ne semble se démarquer pour le moment, si ce n’est que le millet japonais a impressionné les producteurs au Bas-Saint-Laurent et en Estrie par son volume.

En ce qui concerne la qualité nutritionnelle, l’herbe du Soudan, l’avoine et le millet japonais ont en général une qualité inférieure aux autres espèces (taux de fibres au détergent acide et au détergent neutre [ADF et NDF] plus élevés, protéine brute inférieure).

Le deuxième volet porte sur les espèces de graminées en mélange avec la luzerne. La fléole des prés, la fétuque élevée, la fétuque des prés et le brome des prés sont à l’étude. Il n’y a pas eu de ­différence significative de rendement entre les différentes espèces testées dans les fermes au cours de l’année d’implantation en 2019. 

Céline Georlette, ­coordonnatrice à la recherche agronomique au Centre de développement bioalimentaire du Québec (CDBQ)
Ce projet a été réalisé en vertu du sous-volet 2.2 du programme Prime-Vert 2018-2023 et a bénéficié d’une aide financière du MAPAQ.