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Rendements ou valeur nutritive des fourrages pour maximiser les profits?

Le moment ainsi que le nombre de coupes des cultures fourragères influencent directement leur rendement, leur valeur nutritive et leur persistance. L’équipe de chercheurs a comparé deux types de gestion de coupes, un aspect important à considérer pour les fermes laitières, d’un mélange luzerne et fléole des prés en utilisant la modélisation.

La gestion qualité visait l’obtention d’une valeur nutritive élevée par l’entremise de tailles plus fréquentes effectuées au stade début boutons de la luzerne avec une coupe automnale.

La gestion équilibrée avait plutôt comme but la persistance et l’obtention de rendements élevés tout en maintenant une valeur nutritive adéquate par l’entremise de coupes moins fréquentes réalisées au stade début floraison sans coupe à l’automne.

L’objectif de cette recherche était de déterminer lequel des deux types de gestion permet d’obtenir le meilleur profit dans une ferme laitière représentative de celles que l’on retrouve en Montérégie et dans le Bas-Saint-Laurent. Dans cette dernière région, les producteurs possèdent environ 63 vaches Holstein qui produisent en moyenne 8 608 kg de lait par tête annuellement. En Montérégie, leur nombre s’élève à environ 71 et leur production est en moyenne de 9 102 kg de lait par vache, par année.

Gestion concluante

Selon les simulations, les profits seraient de 10 990 $/an supérieurs pour la ferme du Bas-Saint-Laurent et de 10 680 $/an plus élevés pour celle de la Montérégie lorsque la gestion équilibrée est priorisée plutôt que centrée sur la qualité.

Ces résultats s’expliquent principalement par les rendements plus élevés obtenus avec la gestion équilibrée, ce qui permet de libérer plus d’hectares pour les cultures vendues à l’extérieur de la ferme (figure 1). Ainsi, la gestion équilibrée donne la possibilité d’augmenter les profits liés à la vente de récoltes de 6 236 $/an pour la ferme du Bas-Saint-Laurent et de 15 494 $/an pour celle de la Montérégie. Les résultats suggèrent donc qu’il est plus profitable pour un producteur laitier de miser sur une gestion de coupe axée sur la persistance et les rendements plutôt que sur celle maximisant la valeur nutritive de ses cultures fourragères. L’équipe poursuit ses recherches afin de vérifier s’il y a des contextes pouvant faire varier ces conclusions.

Véronique Ouellet, Doris Pellerin, Simon Binggeli et Édith Charbonneau, de l’Université Laval
Gilles Bélanger, Gaëtan Tremblay, Martin Chantigny et Guillaume Jégo, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada

Ce projet a été financé par la Grappe de recherche laitière d’Agriculture et Agroalimentaire Canada en collaboration avec Les Producteurs laitiers du Canada.