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Photo : Archives TCN

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Rendements élevés, pas qu’une histoire de chance

Les plantes fourragères sont le « gagne-pain » d’une des plus importantes industries au Québec, soit celle des producteurs laitiers. Toutefois, quand on regarde les écarts de rendements et de qualité des fourrages entre les exploitations agricoles, il y a des questions à se poser et il faut agir rapidement.

Pour maintenir une moyenne provinciale de 6 tonnes à l’hectare (t/ha) de matière sèche (MS), il faut vraiment sous-estimer le potentiel des fourrages. Certains producteurs dépassent les 10-12 t/ha de MS. Pourquoi?

Ils s’occupent de leurs sols et savent comment optimiser leurs intrants, tels que chaux, engrais, semences et pesticides. Les rendements élevés ne sont pas qu’une histoire de chance. Selon moi, la majorité des champs de plantes fourragères souffrent de « malnutrition », les analyses de sols le prouvent.

Une régie conventionnelle, avec le minimum de soins, ne peut battre des records ni au champ ni dans l’étable. Plusieurs producteurs optent pour une régie intensive, car le potentiel génétique des nouvelles espèces est incroyable. Leur coupe peut se faire en un peu moins de 30 jours et leur repousse est vigoureuse, à condition de les fertiliser correctement puisque leur persistance risque d’en être affectée.

Tôt au printemps, l’engrais minéral agit plus rapidement et permet une croissance plus rapide que l’engrais organique. Quand on obtient 10 t/ha de MS, les exportations sont de 200 kg de N/ha, de 60 kg de P2O5/ha et de 250 kg de K2O/ha, en plus de tous les autres nutriments qui améliorent la qualité du fourrage. Il est difficile de balancer ces besoins uniquement avec des engrais organiques.

Nourrir à chaque coupe

Si vous faites trois à cinq coupes, essayez de nourrir la plante à chacune d’entre elles et de leur apporter un minimum de nourriture azotée, par exemple 50 kg de N/ha, pour produire une augmentation de rendement. Une fertilisation équilibrée maintient le sol en santé et préserve l’intégrité du système racinaire qui pourra ainsi tirer profit du sol.

Enfin, les rendements élevés sont payants pour l’animal (plus de lait et de viande), pour le sol (plus de matière organique et de vie) et pour l’environnement (plus de fixation de CO2 et d’air pur). Qui de vous ne désire pas cela?

Pierre Fournier, agronome-conseil