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Quel est le meilleur ratio EM : EF ?

L’ensilage de maïs gagne en popularité d’année en année. Mais une question revient continuellement : quel est le meilleur ratio d’ensilage de maïs (EM) : ensilage de foin (EF)?

Nous pouvons prendre la moyenne des analyses des EM 2020 pour faire des comparaisons de rations. Or, les analyses 2020 de nos clients montrent une variation de la fibre au détergent acide (ADF) de 13,1 % à 34,5 % et une digestibilité de la plante entière de 65,3 % à 91,4 %. Pour l’EF, la variation des différents nutriments est encore pire. Par exemple, en 2020, nos échantillons variaient en ­protéine de 6,0 % à 26,8 %.

Si nous décidons de prendre les moyennes des valeurs de ces deux fourrages pour comparer différents ratios, à quel prix devons-nous considérer ces deux fourrages, alors que seulement 16 % des producteurs de lait québécois connaissent le coût de production de leur fourrage? Avec des coûts variants de 135 $ à 261 $/tonne de matière sèche (MS) pour l’EM et de 157 $ à 350 $/tonne de MS pour l’EF, nous pouvons encore faire fausse route en prenant simplement la moyenne pour estimer la rentabilité des différents scénarios afin de comparer différents ratios EM : EF.

Maintenant, si malgré tout nous décidions de prendre les moyennes des analyses et la moyenne des coûts de production afin de tenter de répondre à la question, nous arriverions à un résultat semblable à ce qui est décrit dans le tableau. Les frais totaux d’alimentation (fourrages et concentrés) sont similaires pour les quatre scénarios. Plus il y a d’EM, plus il faudra acheter d’intrants (si on produit soi-même le maïs-grain). Une ration 100 % EF requiert 95 730 $ d’intrants pour 100 vaches en lactation contre 157 155 $ pour le même troupeau alimenté à 100 % à l’EM. Plus il y a d’EM, moins grande sera la superficie de terre requise pour alimenter les vaches. Une ration 100 % EM permettra de libérer 129 acres comparativement à une ration à 100 % EF, toujours pour 100 vaches en lactation. Ces 129 acres permettront de faire une autre culture qui pourra générer un revenu supplémentaire pour l’entreprise.

Pour prendre la meilleure décision, il faut connaître :

  • les coûts de production de ces cultures,
  • leur valeur nutritionnelle,
  • les superficies de culture disponible,
  • les stratégies de rotation de culture,
  • la gestion des fumiers,
  • les objectifs et les besoins de l’entreprise.

Chaque ferme laitière est unique et ce qui est l’idéal pour l’une ne le sera pas forcément pour l’autre.

Pierre Dionne, agr, conseiller au développement ruminants, Trouw Nutrition.
Christian Gonthier, agr., M. Sc., vice-président, développement des affaires et opérations, Les Meuneries Mondou