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L’herbe du Soudan en luzernière

Afin de produire une plus grande biomasse, de contrôler les mauvaises herbes et de réduire les risques d’érosion, on peut avoir recours à des plantes de compagnonnage pour l’établissement de luzernières lors de l’année d’implantation.

L’herbe du Soudan est une annuelle utilisée pour remplir cette fonction, grâce entre autres à la disponibilité de nouveaux hybrides mieux adaptés aux conditions québécoises. Cette espèce a l’avantage de bien tolérer la sécheresse associée aux changements climatiques, de maximiser les rendements et d’ajouter une valeur nutritive fort intéressante pour l’alimentation des ruminants.

Des parcelles expérimentales ont été implantées en mai 2014 ainsi qu’en mai et en juin 2016 au Campus à l’Université McGill, situé à Sainte-Anne-de-Bellevue. Le but était d’observer les effets sur le rendement, la qualité, la survie en hiver et l’établissement de la plante lorsque la luzerne est ensemencée avec un hybride canadien d’herbe du Soudan (CFSH30). De plus, on voulait comparer les résultats avec d’autres options plus traditionnelles comme les céréales et le ray-grass.

Résultats observés

Les rendements, la composition botanique et la valeur nutritive ont été déterminés et répertoriés pour chaque récolte de l’année d’implantation et l’année suivante.

Lors de l’année d’introduction de la luzerne, l’herbe du Soudan semée à 15 ou 20 kg/ha améliore de façon significative les rendements fourragers totaux. Selon les résultats obtenus, l’augmentation est, en moyenne, de 115 % si on les compare à ceux de la luzerne semée sans compagnonnage. Avec de l’avoine ou du ray-grass ensemencés en juin, les rendements sont, en moyenne, 77 % plus élevés. Cependant, ceux de la luzernière pourraient être légèrement réduits par l’herbe du Soudan l’année suivant l’établissement. Mais cet écart est moindre que les désavantages causés par l’utilisation des céréales.

Lorsqu’elle est semée en mai, l’herbe du Soudan comme plante de compagnonnage offre une qualité fourragère supérieure, contrairement au mélange d’avoine. En effet, la teneur en protéines (moyenne de 18 %) et la digestibilité de la fibre sont plus élevées.

À la lumière de nos résultats, l’emploi de l’herbe du Soudan comme plante de compagnonnage pour l’établissement de la luzerne est plus qu’intéressant.

Caroline Matteau et Philippe Seguin, de l’Université McGill
Shyam Bushansingh-Baurhoo, de Bélisle Solution-Nutrition inc.
Ce projet a été soutenu par Bélisle Solution-Nutrition inc.