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Sébastien Angers fait remarquer que les plantes fourragères apportent de la diversité : des systèmes racinaires, des fleurs et des cycles de vie différents. Photo : Gracieuseté de Sébastien Angers

Sébastien Angers fait remarquer que les plantes fourragères apportent de la diversité : des systèmes racinaires, des fleurs et des cycles de vie différents. Photo : Gracieuseté de Sébastien Angers

Les plantes fourragères pour une agriculture régénératrice

Un mélange de plantes fourragères donne un écosystème complexe et puissant, qui devient un outil solide pour mettre en œuvre les principes de l’agriculture régénératrice.

Tels que :

  • Développer une empathie en étant connecté à son contexte et au vivant;

  • Travailler le sol le moins possible;

  • Maximiser la biodiversité;

  • Garder le sol couvert;

  • Maintenir des racines en vie dans le sol;

  • Intégrer des animaux au système.

Aujourd’hui, une grande partie des sols sont cultivés avec des plantes qui s’enracinent peu profondément et sur une courte période. Or, les plantes fourragères apportent de la diversité : des systèmes racinaires, des fleurs et des cycles de vie différents. Ces types de plantes sont également une forme de couverts végétaux, qui sont de vrais « couteaux suisses » pour la régénération des sols.

Les plantes fourragères sont un modèle pour les producteurs, en se développant toute l’année et en couvrant le sol chaque saison.

L’implantation du trèfle blanc dans du soya permet au trèfle de prendre le relais et de maintenir des racines vivantes dans le sol, même en hiver, et l’introduction du trèfle d’odeur à fleurs jaunes (mélilot) dans les inter-rangs du maïs permet de mieux gérer les flux de fertilité azotée.

Ces couloirs de photosynthèse sont une illustration de ce que peuvent apporter les couverts végétaux, qui bâtissent la fertilité des sols (et donc la résilience à long terme) en même temps que la culture de maïs se développe. On entrevoit ici tout le potentiel de l’intégration des plantes fourragères dans les cultures de vente, tout en prêtant attention au « positionnement du curseur » entre l’utilisation fourragère et le retour au sol pour capitaliser la fertilité dans l’humus.

Œuvrer pour la restauration des fonctions écosystémiques permet de générer un revenu et cela peut passer par les plantes fourragères.

Biodiversité et carbone – et donc résilience des sols face au défi climatique – sont clés dans la diminution des risques agricoles. Gérer son carbone, c’est gérer son cash-flow. La gestion du carbone vient nous appuyer dans la gestion du risque. La biodiversité, de son côté, privilégie la relation avec le consommateur.

Comment les signatures carbone et la biodiversité vont-elles changer vos relations entre agriculteurs, mais aussi avec les chercheurs, les consommateurs et les conseillers? Les plantes fourragères peuvent être une belle occasion d’appuyer ce nouveau contrat social. 

Sébastien Angers, agronome et agriculteur, Ferme de l’Odyssée