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Photo : Shutterstock

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Les cultures de couverture dans le maïs ensilage

Le maïs ensilage offre de nombreux avantages dans l’alimentation des bovins. Toutefois, sa principale lacune est le peu de résidus de culture laissés au sol à l’automne, entraînant de l’érosion et une possible dégradation de la structure des sols, voire de leur productivité.

Pour ne pas laisser le sol à nu après la récolte, plusieurs options existent. La plus populaire est le seigle d’automne, qui peut être récolté au printemps suivant en fourrage d’appoint de qualité. Il procure un rendement jusqu’à 4,5 tonnes par hectare, avec un taux de protéines brutes pouvant atteindre 18 %. Divers avantages sont associés à cette culture, tels que la protection des sols grâce à son vaste réseau de racines fibreuses, la production de composés allélopathiques aidant au contrôle des mauvaises herbes, l’augmentation de la matière organique du sol et le recyclage de l’azote non utilisé par la culture subséquente. En d’autres termes, le seigle d’automne améliore la capacité d’adaptation des sols face aux stress comme la sécheresse.

D’autres espèces peuvent également être implantées après la récolte du maïs ensilage en fonction de la région et de la date de semis. Les implanter au semoir plutôt qu’à la volée assurera un départ rapide. Par exemple, l’avoine est une culture de couverture intéressante puisqu’elle ne survit pas à l’hiver et qu’elle produit une importante biomasse. La gestion des résidus doit toutefois être planifiée pour éviter les problèmes au printemps suivant. Dans le cas d’un semis hâtif, l’ajout de vesce velue ou de pois d’hiver à l’avoine apporte de l’azote à la culture qui suivra dans la rotation.

Une autre option consiste à semer des cultures intercalaires. Implantées lorsque le maïs ensilage est au stade de quatre à six feuilles (V2 à V4), ces cultures protègent les sols en plus de compétitionner avec les mauvaises herbes. Plusieurs choix de mélanges existent, par exemple celui composé de trèfle incarnat, de ray-grass et de radis fourrager. Les espèces seules, comme le ray-grass, fonctionnent également bien. Toutefois, on doit considérer que certaines variétés de maïs ensilage très feuillues ne laissent pas passer beaucoup de lumière et empêchent la culture intercalaire de bien se développer.

Quoi qu’il en soit, il existe assurément une solution pour couvrir votre sol après la récolte du maïs ensilage. Le fait de bien définir vos besoins quant au choix des espèces et au mode de semis, tout en ne négligeant pas la gestion des résidus, contribuera à votre succès! 

Stéphanie Mathieu, agronome conseillère en grandes cultures, MAPAQ de la Montérégie