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Photo : CQPF

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L’application de fongicides foliaires dans les prairies à dominance de luzerne est-elle justifiée?

La luzerne est la plante fourragère la plus répandue au Québec et ailleurs au monde. Cependant, la culture de luzerne est exposée à plusieurs maladies, dont les maladies fongiques du feuillage.

Au Québec, les plus courantes sont les taches de poivre, la tige noire et la tache commune. Cette dernière est la plus destructrice.

La présence et le développement des maladies foliaires sont difficiles à prévoir, car ils sont influencés par les conditions environnementales, particulièrement le temps frais et humide.Les moyens de lutte préconisés contre les maladies foliaires sont le choix d’un cultivar résistant et de bonnes pratiques culturales.

L’application de fongicides de manière préventive n’est pas justifiée sur le plan économique ni sur le plan environnemental à cause du haut risque de développement de la résistance chez les agents pathogènes et de leur toxicité. Présentement, au Québec, Fontelis® (Dupont) et Priaxor® (BASF) sont les seuls fongicides foliaires homologués dans la luzerne.

Parcelles expérimentales

Un projet de recherche a été mis en place cette année. Trois sites en parcelles expérimentales ont été établis, soit un au Bas-Saint-Laurent, un au Saguenay–Lac-Saint-Jean et un autre en Montérégie. L’incidence des maladies foliaires, la régie des coupes (deux ou trois coupes) ainsi que le traitement fongicide (Priaxor®, Fontelis® et un témoin sans application de fongicides) seront évalués en 2020 et en 2021.

Le rendement, la qualité nutritionnelle et la survie à l’hiver seront mesurés afin d’évaluer l’aspect agronomique. Parallèlement, des données sur les symptômes des maladies foliaires seront prises. L’aspect environnemental sera mesuré par des analyses de sol évaluant la rémanence des fongicides appliqués et l’activité microbienne du sol. Enfin, la rentabilité économique de cette pratique sera estimée à la suite de la prise de données complémentaires relatives à la régie et aux pratiques culturales.

L’équipe de recherche est composée de membres provenant du Centre de développement bio-alimentaire du Québec (CDBQ), du Centre de recherche sur les grains (CÉROM), d’Agriculture et Agroalimentaire Canada (AAC) et du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). 

Céline Georlette, coordonnatrice à la recherche agronomique, CDBQ
Ce projet a été réalisé en vertu du sous-volet 3.1 du programme Prime-Vert 2018-2023 et a bénéficié d’une aide financière du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.