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Résultat des essais obtenus sans fertilisation -S (à gauche) et avec fertilisation en soufre +S (à droite) trois semaines après la 1re coupe en 2018.

Résultat des essais obtenus sans fertilisation -S (à gauche) et avec fertilisation en soufre +S (à droite) trois semaines après la 1re coupe en 2018.

La fertilisation en sulfate dans une culture de luzerne

Le soufre se retrouve principalement sous forme organique dans le sol. Il doit d’abord être converti en sulfate afin d’être disponible pour les plantes. C’est un élément important pour la croissance de la luzerne et nécessaire dans le processus de fixation de l’azote atmosphérique par les rhizobiums.

D’ailleurs, les symptômes de carence en soufre dans une culture de luzerne se traduisent par un jaunissement de la plante, ce qui est parfois confondu avec une insuffisance d’azote.Un essai a été mis en place de 2016 à 2018 à la ferme de recherche d’Agriculture et Agroalimentaire Canada à Normandin, afin d’évaluer quatre doses de potassium (40, 80, 120 et 160 kg/ha de K2O), chacune testée avec et sans sulfate, et un témoin sans fertilisation. Les fertilisants ont été appliqués au printemps de chacune des années. Les coupes ont été faites au stade début floraison de la luzerne et des échantillons de plantes ont été prélevés afin de déterminer leur teneur en soufre.

Une carence apparaît lorsqu’il y a moins de 0,25 % de soufre dans la luzerne. En 2016, avant l’application de la fertilisation, la teneur en soufre était en moyenne de 0,10 %, ce qui démontrait bien que ces plants étaient carencés. L’ajout de sulfate de potassium a augmenté significativement la teneur en soufre et les rendements de la luzerne toutes les années. Néanmoins, l’application de 40 kg/ha de K2O sous forme de sulfate de potassium n’était pas suffisante pour optimiser les rendements.

Les rendements saisonniers moyens des traitements sans soufre étaient de 2,4, de 3,3 et de 1,7 tonnes MS/ha en 2016, 2017 et 2018 respectivement, alors que ceux obtenus avec l’ajout de sulfate de potassium étaient de 3,3, de 5,6 et de 5,4 tonnes MS/ha pour les mêmes années.

Lorsqu’une carence en soufre est détectée dans la luzerne, l’ajout de 80 kg/ha de K2O sous forme de sulfate de potassium, équivalant à 28 kg/ha de soufre, serait suffisant pour optimiser les rendements en matière sèche. De plus, cette dose comblerait les besoins de la luzerne en soufre puisqu’elle permet d’augmenter son taux à plus de 0,25 % dans les plants.

Julie Lajeunesse, chercheuse en plantes fourragères, Agriculture et Agroalimentaire Canada