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Quelle graminée choisir en mélange avec la luzerne?

La fléole des prés demeure une graminée intéressante sous notre climat actuel. Le rendement et la valeur nutritive du mélange luzerne-fléole des prés figuraient parmi les plus élevés lors de ­comparaisons de différents mélanges luzerne-­graminée que nous avons effectuées pendant trois années de production sur trois sites québécois.

La fléole des prés est donc bien adaptée aux conditions fraîches et humides du Québec. Les changements climatiques prévus, par contre, entraîneront des températures plus élevées, une plus grande accumulation de degrés-jours et des changements dans la distribution des précipitations. Le regain de la fléole des prés est souvent faible en période chaude et sèche, et les changements climatiques annoncés pourraient accentuer ce problème. Quelles seraient alors les graminées fourragères à privilégier?

En mélange avec la luzerne, la fétuque élevée, la fétuque des prés et le brome des prés étaient associés à des productions de lait estimées à l’hectare comparables à celle du mélange luzerne-fléole des prés. Ces trois graminées représentent donc des solutions de rechange possibles à la fléole des prés, et ce, partout au Québec.

Fétuque élevée

Nos essais en champ ont démontré que la fétuque élevée pouvait avantageusement remplacer la fléole des prés. Par contre, certains producteurs lui reprocheraient un manque d’appétence. Nous avons donc comparé ces deux graminées fourragères dans l’alimentation de la vache laitière.

Les vaches nourries avec des rations à base d’ensilage préfané de fléole des prés ou de fétuque élevée avaient une prise alimentaire, une production laitière et une teneur en gras du lait similaires. Les vaches nourries avec des rations à base d’ensilage demi-sec de fétuque élevée, plutôt qu’à base d’ensilage préfané, consommaient moins, mais avaient une production laitière similaire. La fétuque élevée, en ensilage préfané (35 % MS) ou demi-sec (50 % MS), peut donc remplacer la fléole des prés dans les rations des vaches laitières.

Pour plus de détails concernant cette étude, consultez le texte de notre conférence présentée au Colloque sur les plantes fourragères de même qu’au Forum technologique Novalait de 2018 : bit.ly/GramineesFourragere

Gaëtan Tremblay, Gilles Bélanger, Julie Lajeunesse et Annie Claessens, Agriculture et Agroalimentaire Canada
Florence Pomerleau-Lacasse et Philippe Seguin, Université McGill
Anne-Marie Richard, Rachel Gervais et Édith Charbonneau, Université Laval

Cette recherche a été financée par l’action concertée FRQNT-Novalait-MAPAQ. Le Centre de recherches en sciences animales de Deschambault a aussi contribué au volet animal de l’étude.