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Digérer les fourrages

Auparavant, le niveau d’énergie des fourrages était estimé à partir de la quantité de fibres au détergent acide (ADF). Cependant, depuis la publication du guide de nutrition du National Research Council 2001, on évalue l’énergie de façon plus précise parce que l’on se base sur les composantes des fourrages : protéines, fibres au détergent neutre (NDF), cendres, gras et lignine.

Le taux de lignine est une variable importante à considérer pour la performance de la vache laitière. La NDF digestible (NDFD) mesure principalement le teneur en lignine dans le fourrage. Plus il y a de lignine, moins le fourrage est digestible, car les vaches laitières ne peuvent pas la digérer. Naturellement, une vache cherche toujours à consommer les parties les plus tendres de l’herbe, des parties qui sont, comme par hasard, les plus digestibles.

Ainsi, le niveau d’énergie que l’on trouve dans un rapport d’analyse nous donne seulement une partie du portrait du potentiel de performances de l’utilisation d’un fourrage. Entre deux fourrages ayant le même niveau d’énergie, mais qui comportent des niveaux de NDFD différents, lequel mettra le plus de lait dans la « chaudière »?

Celui dont la NDFD est la plus élevée, car l’ingestion de ce fourrage sera plus grande. Des chercheurs du Michigan rapportent une hausse de 0,25 kg de laitcorrigé à 4 % pour chaque augmentation d’une unité de NDF digestible (% NDF x NDFD) de la ration. Le niveau de NDFD30, représentant 30 heures de digestion dans le rumen, devrait normalement se situer entre 40 et 60.

En ce qui concerne le niveau de NDF, trop c’est comme pas assez. S’il n’y a pas assez de NDF dans le rumen, cela accroît le risque d’acidose. S’il y en a trop, cela entraîne une baisse de consommation et de production parce que le fourrage est alors trop long à digérer et il occupe trop d’espace dans le rumen.

Jean-Luc Laroche, agr.
Nutritionniste Ruminants
La Coop fédérée