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Certaines plantes fourragères riches en tanins condensés ou en lactones sesquiterpènes pourraient aider à combattre le parasitisme intestinal. Photo : CQPF

Certaines plantes fourragères riches en tanins condensés ou en lactones sesquiterpènes pourraient aider à combattre le parasitisme intestinal. Photo : CQPF

Des fourrages riches contre le parasitisme intestinal

L’augmentation de la résistance des parasites intestinaux aux vermifuges est de plus en plus problématique pour la santé et la productivité des animaux aux pâturages. De nouvelles avenues de lutte antiparasitaire doivent donc être explorées. L’une d’elles consiste à utiliser des fourrages riches en certains composés, tels que les tanins condensés et les lactones sesquiterpènes, qui peuvent contribuer à combattre ce problème tout en aidant à mieux balancer les rations des ruminants en protéines non dégradables.

Espèces prometteuses

Nous avons évalué le potentiel agronomique, plus précisément l’établissement, la survie hivernale, la production de biomasse et la valeur nutritive d’espèces fourragères riches en composés pouvant aider à contrer le parasitisme intestinal. L’expérience s’est déroulée en 2016 et en 2017 sur quatre sites québécois : Sainte-Anne-de-Bellevue, Saint-Augustin-de-Desmaures, La Pocatière et Normandin. En 2017, sur l’ensemble de ces emplacements, le rendement annuel moyen était de 8,04 tMS/ha pour la chicorée, de 7,64 tMS/ha pour trois cultivars de lotier corniculé et de 3,70 tMS/ha pour le sainfoin. De son côté, la luzerne témoin a offert un rendement de 9,32 tMS/ha.

Le sainfoin avait toutefois la teneur la plus élevée en tanins condensés, contenant en moyenne 10,7 g/kgMS. Avec un teneur de 3,2 g/kgMS, celle du cultivar Exact était légèrement supérieure à celle des deux autres cultivars de lotier corniculé, dont la moyenne affichait 2,7 g/kgMS.

Grâce à cette recherche, on a pu déterminer que la chicorée et le lotier corniculé sont des espèces prometteuses pour aider à contrer le parasitisme intestinal. Ces plantes fourragères devraient maintenant être testées dans des fermes québécoises afin de vérifier si leur ajout systématique dans l’alimentation des ruminants permet de contribuer à prévenir le parasitisme intestinal, à améliorer les performances animales et à réduire les coûts de production.

Marihouma Koné, de l’Université Laval
Gaëtan Tremblay, d’Agriculture et Agroalimentaire Canada
Caroline Halde, de l’Université Laval