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Photo : Archives / TCN

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Des fourrages de secours à la mi-été

Fin d’un printemps pluvieux, prairies mal établies, mauvaise survie de la luzernière après l’hiver… peu importe la situation, le stress commence à se faire sentir : on n’aura pas assez de fourrage cette année!

Dans ce cas, quelques producteurs prévoient l’achat de foin durant la saison, mais d’autres optent pour les fourrages annuels d’urgence pour satisfaire les besoins en fourrage de leur bétail. Les fourrages de secours sont souvent semés à la mi-été après la récolte de céréales d’automne ou en urgence après un échec d’établissement de maïs-ensilage ou d’une prairie vivace. Mais quelles espèces semer? En semis pur ou en mélange? Quel rendement prévoir?

La chercheuse Ann ByBee-Finley, de la Cornell University, dans l’État de New York, s’est intéressée à ces questions. En menant des essais aux champs dans les États de New York et du Maryland, elle a testé quatre espèces fourragères annuelles, dont deux graminées (le millet perlé et le sorgho du Soudan) et deux légumineuses (le chanvre du Bengale et le dolique). Ces espèces de saisons chaudes ont été choisies, car elles s’établissent bien lors de températures élevées et elles sont tolérantes à la sécheresse; circonstances habituellement caractéristiques des mois de juin et juillet. Ces espèces ont été testées en semis pur, mais aussi en mélange de trois ou quatre espèces. Du fumier de poules pondeuses a été épandu à la volée avant le semis des espèces fourragères, à un taux de 40 kg N/ha.

En général, les espèces fourragères semées en mélange de trois ou quatre espèces ont produit des rendements similaires à ceux des espèces en semis pur. De plus, plus la proportion de légumineuses dans le mélange était élevée, plus la qualité du fourrage était bonne. La dolique (Vigna unguiculata) est l’espèce qui a produit le moins de fourrage et a le plus faible rendement en fourrage par dollar investi. Les mélanges de plusieurs espèces fourragères étaient plus efficaces en termes d’utilisation des ressources, et ils permettaient d’introduire une certaine diversité végétale et de la résilience dans le système agricole. 

Caroline Halde, Ph.D. Professeure à l’Université Laval