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La sécurité de l’ensilage doit être vérifiée alors que les producteurs s’apprêtent à utiliser leur récolte d’automne. Photo : Archives/TCN

La sécurité de l’ensilage doit être vérifiée alors que les producteurs s’apprêtent à utiliser leur récolte d’automne. Photo : Archives/TCN

Bien comprendre les gaz produits dans les ensilages

Chaque année, nous entendons des histoires tragiques d’empoisonnement aux gaz d’ensilage. Alors que les producteurs se préparent à utiliser la récolte d’automne, c’est le bon moment pour examiner la sécurité de l’ensilage. Outre les odeurs courantes pouvant se développer dans l’ensilage pendant la fermentation, le processus produit plusieurs types de gaz, notamment du dioxyde de carbone et de l’oxyde nitrique.

Le dioxyde de carbone (CO2) est sans odeur et est naturellement présent dans l’environnement. Bien que le CO2 ne soit pas toxique, il peut provoquer la suffocation des personnes prises au piège accidentellement dans un silo fermé. Le CO2 est toujours produit dans le processus de fermentation de l’ensilage.

Les différents gaz se développent le plus rapidement de six à sept jours après le remplissage. Pendant cette période, le volume total des différents gaz représente plusieurs fois le volume du silo.

Un deuxième gaz préoccupant est l’oxyde nitrique (NO). Après l’ensilage, les nitrates sont libérés sous forme de NO. Ce gaz s’échappe de l’ensilage et se combine avec l’oxygène pour former du dioxyde d’azote (NO2) toxique.

Le NO2 est brun jaunâtre et a une odeur d’agent de blanchiment pour la lessive. Après oxydation supplémentaire, il se forme du pentoxyde d’azote (N2O5), qui est hautement corrosif lorsqu’il est combiné à de l’eau. En cas d’inhalation, le dioxyde d’azote peut causer des dommages permanents aux poumons et, dans certains cas, la mort.

Signes avant-coureurs

Étant donné que la production de dioxyde d’azote est étroitement liée à la teneur en azote de la culture, voici quelques conditions favorisant la formation potentielle de dioxyde d’azote :

Si la culture a été privée d’eau, puis récoltée peu de temps après une pluie, une accumulation de nitrates est probable;

Les plantes endommagées par la grêle ou le gel sont soumises à un stress; elles doivent donc être récoltées rapidement avant leur absorption de nitrates;

Pour réduire la quantité de nitrates dans l’ensilage, augmenter la hauteur de coupe (au moins 25-30 cm), car la plupart des nitrates se forment dans la tige inférieure;

L’ajout d’une source d’azote non protéique (urée) augmente l’azote dans l’ensilage et donc le dioxyde d’azote.

En cas de soupçon de présence de NO2 dans un silo vertical qui se ventile dans un espace clos, il faut prendre les mesures nécessaires pour assurer une circulation d’air adéquate et une évacuation vers l’extérieur.

Eugene Rodberg, gestionnaire de produits senior, Kemin Nutrition et santé animale en Amérique du Nord