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Plusieurs producteurs ont profité du beau temps pour en apprendre davantage sur la lutte intégrée. Photos : Audrey Desrochers

Plusieurs producteurs ont profité du beau temps pour en apprendre davantage sur la lutte intégrée. Photos : Audrey Desrochers

Des visites aux champs profitables

LAVALTRIE — Une quarantaine de producteurs et conseillers agricoles se sont donné rendez-vous dans Lanaudière pour la Journée portes ouvertes en lutte intégrée le 13 juillet dernier.

Les visiteurs ont eu droit à une série de démonstrations et de conférences sur les meilleures techniques pour réduire l’utilisation des pesticides aux champs. « Les journées d’observation et d’échange dans les fermes sont l’occasion par excellence pour les producteurs et conseillers agricoles de voir les machineries en action et de poser leurs questions », indique Anne Ammerlaan, la coordonnatrice du Pôle d’excellence en lutte intégrée, coorganisateur de l’événement.

Les quatre visites de fermes ont permis aux producteurs de voir les techniques qui pourraient fonctionner sur leurs terres respectives.

Le copropriétaire de la Ferme Domaine du Parc, Denis Ouellet, est bien fier d’expliquer comment il fait la lutte aux mauvaises herbes dans son champ de pois verts.

Le copropriétaire de la Ferme Domaine du Parc, Denis Ouellet (à droite), est bien fier d’expliquer comment il fait la lutte aux mauvaises herbes dans son champ de pois verts.

Le nerf de la guerre : les mauvaises herbes

L’agronome au CETAB+ Jean-Pierre Hivon a profité d’une visite d’un champ de pois verts à la Ferme Domaine du Parc pour expliquer les meilleures pratiques en matière de désherbage mécanique.

Après un faux semis tôt en saison, l’agronome conseille de faire la préparation du lit de semence environ trois jours avant les semis. « C’est l’occasion d’enlever les mauvaises herbes qui ont déjà germé et de remettre les compteurs à zéro », dit-il.

Quelques jours après, au stade de prélevée, le producteur doit passer le peigne. « À cette étape, il faut aller jouer très proche de la graine, à une profondeur d’environ trois quarts de pouce », mentionne M. Hivon.

Pour gagner le combat contre les mauvaises herbes, il recommande ensuite un ou deux passages de houe modifiée. « On fait ces interventions pour que la culture soit plus haute que les mauvaises herbes et qu’elle leur fasse assez d’ombre pour limiter leur croissance, conclut-il. Ensuite, il nous reste à attendre la récolte! »

Un équipement unique au Québec

La plupart des producteurs profitent de l’hiver pour modifier eux-mêmes leur houe.

La plupart des producteurs profitent de l’hiver pour modifier eux-mêmes leur houe.

Introduite dans les champs de la Belle Province au cours des dernières années, la houe modifiée peut être utilisée comme principal outil de désherbage.

La houe double est formée de deux rangées de roues à pics intercalées qui permettent de travailler le sol sur toute sa largeur. « Certains producteurs équipés d’un tracteur hydraulique ajoutent une houe à l’avant », ajoute l’agronome Jean-Pierre Hivon. On parle alors d’une houe triple.

Cet équipement travaille en profondeur. « Il ne faut pas avoir peur d’être le plus agressif possible, sans déraciner notre culture », explique M. Hivon.

Un bon coup de main

On doit prévoir un espace d’environ trois pouces entre les doigts.

On doit prévoir un espace d’environ trois pouces entre les doigts.

Les doigts Kress peuvent donner un bon coup de main aux producteurs dans la lutte mécanique aux mauvaises herbes. Les doigts de métal de ce nouvel équipement permettent de former un billon qui enterre les mauvaises herbes sans endommager la culture principale.

Certains producteurs installent les doigts Kress sur un sarcleur mi-lourd ou sur un porte-outil. Denis Ouellet, de la Ferme Domaine du Parc, les a plutôt installés entre les deux rangées de houes.

Des économies sur les traitements de fongicides

Une petite station météo jumelée à un modèle prévisionnel appelé MILEOS pourraient bien devenir les meilleurs amis des producteurs de pommes de terre.

La station recueille quotidiennement des données météorologiques comme la température, l’humidité relative et les précipitations. Ces données sont ensuite utilisées par le modèle MILEOS, qui calcule le développement du mildiou et prévoit les périodes de risques. « Ça permet au producteur de savoir quand appliquer des fongicides et ainsi ne pas en appliquer pour rien », explique le directeur du Carrefour industriel et expérimental de Lanaudière (CIEL), Pierre Lafontaine.

Le CIEL mène actuellement un projet-pilote chez 25 producteurs de pommes de terre aux quatre coins du Québec et espère pouvoir commercialiser ce système dans les prochaines années. 

Le directeur du CIEL, Pierre Lafontaine, croit que les producteurs de pommes de terre économiseront grâce au modèle MILEOS.

Le directeur du CIEL, Pierre Lafontaine, croit que les producteurs de pommes de terre économiseront grâce au modèle MILEOS.