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Les ventes de tracteurs sont phénoménales. Avec la flambée des coûts de l’acier, une hausse des prix pourrait être à prévoir l’an prochain, selon l’appréciation du dollar canadien. Photo : Case IH

Les ventes de tracteurs sont phénoménales. Avec la flambée des coûts de l’acier, une hausse des prix pourrait être à prévoir l’an prochain, selon l’appréciation du dollar canadien. Photo : Case IH

Ventes exceptionnelles : « Il ne restera plus grand tracteurs neufs »

L’année 2021 démarre sur les chapeaux de roues pour les vendeurs de tracteurs, qui enregistrent des ventes exceptionnelles.

« Habituellement, les mois de janvier et février sont tranquilles, mais là, de mois en mois, on bat des records. De la manière que les ventes avancent, il ne restera plus grand tracteurs neufs à l’automne. Même chose aux États-Unis : on voit les chiffres et ça vend. Les compagnies [manufacturières de tracteurs] nous ont dit que toute la production est déjà vendue pour 2021 du côté américain », dit Jean-Guy Rheault, copropriétaire de Centre agricole, un détaillant Case IH présent dans ­plusieurs régions.

Même son de cloche chez Bruno Bouchard, directeur des ventes chez JLD-Laguë et ses 16 succursales John Deere. « Les ventes d’équipement agricole sont incroyables. Les usines de John Deere fonctionnent à plein régime et ne fournissent pas », assure-t-il. M. Bouchard précise que les généreuses subventions de Donald Trump aux agriculteurs avant les dernières élections ont créé un premier engouement pour l’achat de tracteurs chez les Américains. Le prix élevé des grains a ensuite propulsé le rythme d’achat. Il ajoute que la pandémie et le retour à la campagne de plusieurs citadins ont créé une demande monstre pour les petits équipements. « Un client est venu pour un tracteur à gazon et a dit qu’il y repenserait. Quand il est revenu une semaine après, nous n’en avions plus », décrit-il. Depuis mai 2020, le titre boursier de la compagnie John Deere est d’ailleurs passé de 150 $ US à 373 $ US par action, un record de tous les temps. 

Chiffres à l’appui

Selon les chiffres de l’Association des marchands de machines aratoires du Québec (AMMAQ), il y a eu une augmentation de 152 % des ventes de tracteurs de moins de 40 chevaux en mars comparativement à mars 2020. Pour les tracteurs de 40 à 99 chevaux, l’augmentation est de 45 %. Du côté des États-Unis, le même genre de rapport de ventes indique qu’il s’est vendu 14 000 tracteurs de plus seulement en mars.

Le directeur de l’AMMAQ, André Savard, affirme que les ventes sont excellentes pour l’ensemble de ses membres. « Les chiffres sont bons et les agriculteurs sont heureux. Que demander de plus? » lance-t-il. 


Pas de problème de pièces

La pénurie redoutée de pièces de machinerie ne s’est finalement pas concrétisée, affirme André Savard, directeur de l’Association des marchands de machines aratoires du Québec. Même constat chez Jean-Guy Rheault, copropriétaire du Centre agricole. « Ce n’est pas si pire. On avait pris des commandes d’avance et on s’est stocké. Il y a peut-être juste les pointes de herse qui sont plus difficiles à trouver, mais il n’y a pas de problème majeur », assure M. Rheault. Chez JLD-Laguë, Bruno Bouchard ne constate pas non plus de ­problème d’approvisionnement de pièces. Seule la pénurie de micropuces, que l’on retrouve notamment dans les ­systèmes GPS, entraîne des délais, précise-t-il.

L’équipement de semis à réserver un an à l’avance

Les vendeurs contactés par La Terre assurent que les agriculteurs devront s’y prendre à l’avance pour acheter un tracteur ou de l’équipement particulier. Et ce n’est pas une tactique de vendeur, assure Bruno Bouchard, directeur des ventes chez JLD-Laguë. « Le client qui arrivera au mois de mars prochain pour s’acheter un semoir ou un planteur en pensant l’avoir en avril, ça ne marchera pas. Il faut changer la philosophie d’achat. On n’a plus le choix de planifier. Je suis déjà rendu à février 2022 pour des commandes de tracteurs », dit-il, spécifiant que plus que jamais, les escomptes d’achat hâtifs sont plus avantageux pour le producteur que l’achat spontané.

Bruno Bouchard mentionne que les généreuses subventions de Donald Trump aux agriculteurs avant les dernières élections ont propulsé l’achat de tracteurs par les Américains. Photo : Gracieuseté de Bruno Bouchard

Bruno Bouchard mentionne que les généreuses subventions de Donald Trump aux agriculteurs avant les dernières élections ont propulsé l’achat de tracteurs par les Américains. Photo : Gracieuseté de Bruno Bouchard