fbpx

Une SADAQ pour préserver nos terres agricoles

Le Québec agricole a besoin d’un « outil novateur » pour repousser les spéculateurs et permettre aux jeunes de la relève de continuer de faire de l’agriculture.

Cet outil prendrait la forme d’une Société d’aménagement et de développement agricole du Québec (SADAQ) qui bénéficierait en partie du soutien financier de l’État, et qui favoriserait l’émergence d’un Fonds de développement agricole.

Cette SADAQ serait une société paragouvernementale et pourrait intervenir, au besoin, pour éviter que des terres agricoles passent entre les mains de fonds d’investissement qui ne recherchent que le rendement, au détriment des producteurs sur le terrain.

C’est la conclusion à laquelle en vient l’Institut de recherche en économie contemporaine (IRÉC) dans un deuxième rapport sur le phénomène d’accaparement des terres agricoles.

Le rapport a été rendu public lors d’une rencontre de presse, jeudi matin, en présence du président de l’Union des producteurs agricoles du Québec (UPA), Marcel Groleau, et du président de la Fédération de la relève agricole du Québec, Alain Audet. L’Union a initié cette réflexion au cours de la dernière année.

« La vague spéculative dans le secteur agricole est un phénomène récent, mais qui prend de l’ampleur. Il faut agir pour contrer cette financiarisation dommageable pour l’avenir de l’agriculture », a commenté le directeur de l’IRÉC, Robert Laplante.

Il croit qu’une telle société d’aménagement, qui s’inspire partiellement du modèle des SAFER en France, jouerait un rôle de premier plan, tant pour les producteurs proches de la retraite qui souhaitent vendre, que pour les jeunes de la relève qui veulent acheter des terres à un prix raisonnable, pour ne pas se retrouver piégés dans la spirale spéculative.

Propriétaires de leurs fermes

Une opinion partagée entièrement par Marcel Groleau, qui croit le moment venu de passer à l’action « si on veut continuer de faire de l’agriculture » en permettant aux producteurs de rester propriétaires de leurs fermes.

Il dit avoir eu des échanges convaincants avec le ministre de l’Agriculture, François Gendron, sur cette question fondamentale pour l’avenir de ce secteur d’activités qui procure 193 000 emplois, dont 60 000 en production agricole.

« On a commencé à échanger avec le gouvernement et le ministre (Gendron) s’est montré très intéressé », a-t-il constaté.

Rappelons que le gouvernement Marois doit jeter les bases de sa prochaine politique agricole d’ici le printemps 2013.