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Les activités de réseautage sont très populaires, tant pour les occasions d’affaires que pour trouver l’amour. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Les activités de réseautage sont très populaires, tant pour les occasions d’affaires que pour trouver l’amour. Crédit photo : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Une plus grande visibilité pour les LGBT en agriculture

VARENNES — La journée est belle et le soleil réchauffe pour une des premières fois du printemps en ce samedi 16 avril. Une quarantaine d’hommes se réunissent dans la salle de dégustation du Domaine du Fleuve à Varennes. Des hommes habillés sur leur 36 pour faire du réseautage professionnel et peut-être même rencontrer l’amour. « Attention, il est 17 h, les activités de speed-dating vont commencer », lance le président de l’organisme Fierté agricole, Maxime Dion.

C’est tout un changement de cap que Maxime Dion veut faire prendre à l’organisme Fierté agricole. Le président, qui en est à sa deuxième année de mandat, est jeune et allumé. Contrairement à ses prédécesseurs, il a pour objectif de faire parler de la communauté lesbienne, gaie, bisexuelle et transgenre (LGBT) dans le milieu agricole. « Il y en a qui ont dit qu’ils étaient gais à 50 ans et qui ont des enfants. Donc, ils avaient plus la mentalité “on reste cachés, on n’appelle pas les médias, on est toujours très discrets”, alors que moi, je vais essayer de nous mettre sur la carte », explique-t-il.

Grâce à l’appui financier de l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’organisme à but non lucratif a pu publiciser l’événement dans le magazine de la communauté LGBT Fugues. « C’est une façon, pour l’organisation, de démontrer notre respect et notre attachement aux producteurs de tous horizons », indique le porte-parole de l’UPA, Patrice Juneau. Les producteurs présents au 5 à 7 espèrent que des partenariats pourront émerger de cette « belle ouverture de l’UPA ».

LGBT et les affaires

Le réseau et les affaires ont toujours été indissociables l’un de l’autre; c’est aussi vrai pour la communauté LGBT, qui jouit d’un réseau d’entraide et d’un capital de sympathie. Maxime et son conjoint Philippe sont propriétaires de la Ferme La Bourrasque, de Saint-Nazaire-d’Acton, une entreprise de production maraîchère biologique qui écoule sa marchandise grâce aux paniers. « On ne s’attendait pas à ça, mais le fait qu’on soit gais, qu’on soit un couple, ça attire les gens, ça attire les gais. Trente pour cent de notre clientèle est homosexuelle », explique Maxime Dion.

D’ailleurs, la popularité de ce 5 à 7 motive le jeune président à organiser un speed-dating professionnel : « Cette fois-ci, c’est plus le côté rencontre amoureuse qui a fonctionné. Pour la prochaine fois, je vais diviser les deux et essayer d’aller chercher plus de monde, des agronomes, des clubs-conseils, des restaurateurs, et cibler des producteurs. »