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Photo : Shutterstock.com

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Un travailleur agricole mort d’un coup de chaleur

Un travailleur agricole issu d’une agence de placement privée, Dhami Manohar Singh, a perdu la vie à la suite d’un coup de chaleur, sur une ferme de Napierville, en Montérégie, en juillet 2019. Dans un rapport d’enquête, la CNESST conclut que la « perte hydrique » occasionnée par le désherbage manuel d’un champ d’oignons dans un environnement chaud et humide est l’un des facteurs en cause.

Pour tirer cette conclusion, la CNESST a fait appel à l’expert Pierre C. Dessureault Ph. D. Le rapport de la CNESST précise que la déshydratation à elle-seule n’explique pas le décès. D’autres facteurs telles que la condition médicale du travailleur peuvent être en cause, mais il n’a pas été possible de le confirmer.

« Quand il fait très chaud comme cette journée-là, on permet à nos travailleurs de prendre une heure de dîner au lieu de 30 minutes et 15 minutes de pause au lieu de 10 minutes. On s’assure aussi qu’ils aient accès à une remorque avec un toit pour les protéger du soleil », assure Jean-Bernard Van Winden, propriétaire de la Ferme Hotte & Van Winden, en entrevue avec La Terre. Il soutient que personne ne manque d’eau à son entreprise et qu’un superviseur se charge même de rappeler aux employés de s’hydrater. Ses dires sont aussi inscrits dans le rapport qui fait état de la chronologie des événements, le 4 juillet 2019. « C’est un triste événement. On a fait ce qu’on a pu avec des manœuvres de réanimation et on a fait venir l’ambulance. », se souvient-il. Le travailleur est décédé deux jours après l’incident.

Les risques reliés à la chaleur doivent être véhiculés

Dans son rapport, la CNESST souligne que les employés de l’agence de placement 9397-6173 Québec inc, dont le premier actionnaire se nomme Himmat Singh Bhullar, sont exposés à des dangers occasionnés par la chaleur, en raison « d’une absence de démarche d’intégration pour les informer des risques ». La Terre a tenté de joindre M. Bhullar sans succès.

Pour éviter qu’un tel accident ne se reproduise, la CNESST recommande aux employeurs d’informer leurs travailleurs des risques de coups de chaleur à la ferme, de revoir la charge de travail à la baisse lorsqu’il fait très chaud, de s’assurer que les employés s’hydratent et de leur permettre de prendre plus de pauses. Elle soutient que l’Association nationale des entreprises en recrutement et placement de personnel, l’Union des producteurs agricoles (UPA), l’Association canadienne de sécurité agricole (ACSA) et l’organisation FERME seront mises au courant des conclusions de son enquête.