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« Combien de morts ça va prendre encore? » se questionne le producteur Marie-Antoine Roy, qui souhaite voir l’installation de détecteurs de gaz dans les silos devenir obligatoire. Photo : Gracieuseté de Marie-Antoine Roy

« Combien de morts ça va prendre encore? » se questionne le producteur Marie-Antoine Roy, qui souhaite voir l’installation de détecteurs de gaz dans les silos devenir obligatoire. Photo : Gracieuseté de Marie-Antoine Roy

Un producteur exaspéré que rien ne change

Sept ans après avoir dénoncé les dangers reliés à l’ensilage dans La Terre de chez nous, Marie-Antoine Roy est troublé de constater que les émanations de gaz dans les silos font encore autant de dommages.

L’éleveur de moutons de Sawyerville se demande à voix haute : « Combien de morts ça va prendre encore? » S’il ne veut donner de leçon à personne, le producteur estime qu’il est pressant de rendre obligatoire l’installation de détecteurs de gaz dans les silos. « Quand on entend parler des morts, on n’entend pas parler de ceux qui ont des [problèmes de santé], dont beaucoup de producteurs », se désole-t-il, ajoutant qu’il connaît un employé qui a des problèmes de poumon irréversibles à cause des gaz.

Or, Marie-Antoine Roy croit que ce n’est pas à l’Union des producteurs agricoles (UPA) mais plutôt au gouvernement de réglementer pour que les choses changent vraiment. « Ce n’est pas l’UPA qui a réussi à [instaurer] les ceintures obligatoires dans les autos », image-t-il.

Le récent décès de Nicholas Lanciaux a replongé M. Roy neuf ans en arrière, en 2012, année où l’un de ses employés, qui effectuait également une tâche d’ensilage, s’est plaint d’un mal de tête. « Des fois, c’est juste l’effet d’un 30 secondes. […] Il n’a eu aucune séquelle, mais on a été très chanceux », reconnaît-il.

Éduquer les producteurs

En plus de la réglementation, l’éleveur de 2 500 brebis réclame la tenue de formations données par l’UPA. « Je veux que comme producteurs, on se donne des outils », plaide-t-il.

Le premier vice-président de l’UPA, Martin Caron, appuie cette dernière demande : « Rendre le détecteur obligatoire, ça peut être une fausse sécurité […]. Ce n’est peut-être pas la chose à privilégier; tout va passer par la formation et l’éducation. »

Avec la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), explique-t-il, l’UPA multiplie les efforts pour aider les producteurs à éviter d’autres désastres. En plus de proposer des fiches de procédures sur son site, l’UPA lancera un nouveau programme dès l’automne, Prévention plus, qui consistera notamment à rencontrer les producteurs agricoles pour leur expliquer les procédures de sécurité relatives à leurs installations. « L’idée est de comprendre comment bien utiliser son équipement, de manière sécuritaire […]. Il faut lancer le signal à tous les producteurs », ajoute-t-il. 

Les gaz de silo frappent encore

Un homme de 33 ans a fait une chute mortelle du haut de l’échelle d’un silo à foin le 27 juillet à Saint-Herménégilde en Estrie. La Sûreté du Québec estime qu’il aurait été empoisonné par les émanations provenant du silo.

Il était près de 10 h 30 lorsque Nicholas Lanciaux, qui effectuait une tâche reliée à l’ensilage à l’extérieur du silo, est tombé. Une enquête de la Sûreté du Québec est en cours pour établir les circonstances du décès. « C’est possible que l’homme ait été affecté par les émanations qui provenaient du silo et ça pourrait avoir provoqué sa chute. C’est l’hypothèse qui est privilégiée pour l’instant », a indiqué à Radio-Canada la porte-parole de la Sûreté du Québec, Aurélie Guindon.

L’accident a été signalé à la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail. 

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