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Le documentaire Québec Terre d’Asphalte illustre la pression que fait peser le développement urbain sur la zone agricole. Photo : Québec Terre d’Asphalte

Le documentaire Québec Terre d’Asphalte illustre la pression que fait peser le développement urbain sur la zone agricole. Photo : Québec Terre d’Asphalte

Pour éveiller un débat de société sur le dézonage

La pression pour dézoner les terres agricoles est forte à proximité des villes. Afin d’éveiller certaines consciences et d’ouvrir un débat de société, le journaliste et agronome Nicolas Mesly a réalisé avec la participation de la cinéaste Hélène Choquette le documentaire Québec Terre d’Asphalte, qui sera diffusé le 16 octobre sur les ondes d’ICI Radio-Canada Télé.

« Un coup enclavé, les perspectives d’avenir sont minimes. La seule qu’il te reste, c’est de vendre au promoteur qui va vouloir t’acheter. » Cette déclaration de Louis Forget, producteur laitier à Laval, met la table dans ce documentaire. Audrey Lemaire, conjointe d’un producteur laitier de Saint-Jérôme, le conclut en affirmant : « On sera confrontés un jour peut-être [à un moment] où on n’aura plus assez de superficies pour être autosuffisants. »

L’auteur a voulu illustrer en 52 minutes les motifs qui poussent à empiéter de plus en plus sur le territoire agricole. Il précise qu’au cœur du problème, il y a le régime fiscal des municipalités. « Ce n’est pas normal qu’on construise en zone verte alors que des zones blanches sont disponibles et qu’on n’y construise pas », avance Nicolas Mesly en entrevue. Pour lui, il est « minuit moins sept » et il y a urgence d’agir. Il ajoute qu’une fois recouverte de béton, une terre agricole n’est plus réutilisable.  « Il faut que les Québécois s’approprient l’importance des terres agricoles et qu’on les défende », affirme-t-il, ajoutant qu’il ne faut pas laisser les agriculteurs seuls dans cette protection. La pression est tellement énorme pour dézoner que ceux qui n’ont pas de relève apparentée pourraient être fortement tentés de vendre à un promoteur en échange d’un chèque important, puisque le prix des terres a grandement crû, souligne M. Mesly.

L’auteur travaille à ce documentaire depuis plusieurs années, mais attendait le financement pour pouvoir aller de l’avant. Il a toutefois pris soin de réaliser, en 2010, une entrevue avec Jean Garon, ancien ministre de l’Agriculture, avant son décès en 2014, afin de parler de la création de la Loi sur la protection du territoire agricole du Québec.