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Les travailleuses de rang Marie Pier Boissonneault, Vicky Beaudoin et Hélen Bourgoin, Chantale Maurice et Nancy Langevin ont toutes un lien avec l’agriculture. L’équipe compte aussi sur les travailleurs de rangs Daniel Giroux et Anny Camirand, absents au moment de prendre la photo. À l’arrière, René Beauregard, directeur général, et Jaclin Bisaillon, président de l’organisme. Crédit photo : Marc-Alain Soucy

Les travailleuses de rang Marie Pier Boissonneault, Vicky Beaudoin et Hélen Bourgoin, Chantale Maurice et Nancy Langevin ont toutes un lien avec l’agriculture. L’équipe compte aussi sur les travailleurs de rangs Daniel Giroux et Anny Camirand, absents au moment de prendre la photo. À l’arrière, René Beauregard, directeur général, et Jaclin Bisaillon, président de l’organisme. Crédit photo : Marc-Alain Soucy

Plus de travailleurs de rang réclamés

SAINT-HYACINTHE — Alors que sa maison de répit continue d’offrir du repos et de l’aide psychologique aux agriculteurs au bout du rouleau et minés par le stress, l’organisme Au cœur des familles agricoles fait face au défi de financer le déploiement de son réseau de travailleurs de rang.

« Pour venir en aide aux agriculteurs, nous devons poursuivre la mise en place d’un système de travailleurs de rang dans les 11 régions agricoles du Québec. Et pour y arriver, nous devons aller chercher un revenu récurrent et sécurisant qui permettra de financer nos activités », a mentionné à La Terre Jaclin Bisaillon, le président de l’organisme, en marge de l’assemblée générale annuelle du 9 mars.

Mais où trouver l’argent? Au cœur des familles agricoles, organisme sans but lucratif, bénéficie actuellement d’un budget annuel avoisinant les 300 000 $. Le ministère de la Santé et des Services sociaux et le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec ont contribué jusqu’à maintenant à près de 25 % de son financement. « Ça veut dire qu’il faut solliciter nos partenaires et organiser des activités de soutien pour assurer l’autre 75 % de nos dépenses », se désole Jaclin Bisaillon. Selon lui, le ministère de la Santé devrait assumer au moins 50 % du budget. 

Un apport complémentaire

« Le rôle des travailleurs de rang n’est pas de remplacer les intervenants du ministère de la Santé et des Services sociaux, mais leur connaissance du milieu agricole est un atout majeur qui leur permet de comprendre et de diriger les agriculteurs en difficulté vers les organismes qui peuvent les aider », explique René Beauregard, directeur général de l’organisme.

Ce dernier rapporte que beaucoup d’intervenants en santé se sentent dépourvus devant les particularités du milieu agricole. « Quand un producteur de lait dit à un citadin qu’il produit 80 kg de matière grasse, ça ne lui dit rien, fait-il remarquer. Comme nos travailleurs de rang ont tous un lien avec l’agriculture, ils comprennent que pour un homme seul, c’est beaucoup de travail. »

Au cœur des familles agricoles supervise actuellement six travailleurs de rang dans cinq régions et envisage d’ouvrir prochainement un nouveau poste en Estrie.

Dur, dur pour les producteurs de lait!

Plus de 72 % des demandes d’aide que reçoit Au cœur des familles agricoles proviennent de producteurs de lait. Selon René Beauregard, les discussions sur l’Accord de libre-échange nord-américain et l’Accord de partenariat transpacifique créent un environnement insécurisant dans cette production. Il arrive également que des problèmes surgissent au moment du transfert de ferme, surtout lorsque les communications sont difficiles. Dans un contexte comme celui-là, la fatigue et l’isolement aidant, des tensions qui étaient jusque là refoulées deviennent les petites gouttes d’eau qui font déborder le vase.