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À gauche, Monique ­Rubisuli et Alexandre Hamel. À droite, Ruth Banz et Éric Ferland.

À gauche, Monique ­Rubisuli et Alexandre Hamel. À droite, Ruth Banz et Éric Ferland.

Quand le match parfait se cultive « en silo »

Le métier que pratiquent les agriculteurs semble jouer contre beaucoup d’entre eux lorsque vient le temps de faire de nouvelles rencontres, particulièrement en ligne. Une réalité qui n’est toutefois pas insurmontable pour ceux qui espèrent trouver l’amour auprès d’une personne du milieu agricole.

Le site Agrirencontre reçoit environ 12 000 visites par mois. Force est d’admettre qu’il suscite beaucoup d’intérêt depuis son lancement, en 2001. « Sur les sites destinés au grand public, les agriculteurs ne trouvent pas leur compte. Certains cachent leur métier le plus longtemps possible et dès qu’ils le disent, leur taux de succès chute dramatiquement », constate Luc Gagnon, concepteur du site Web.

Agrirencontre est à ce jour la seule plateforme officielle sur le Web destinée à cette clientèle au Québec. Elle s’adresse autant aux gens qui vivent en milieu rural qu’à ceux qui ont le désir de s’installer à la campagne.

Obstacles

M. Gagnon déplore que certaines idées préconçues persistent et nuisent à l’image des gens du milieu. « On ne nous montre pas souvent les bons côtés du métier. On dirait que la pensée n’a pas évolué », dit-il en faisant référence au préjugé selon lequel les agriculteurs ne font pas d’argent. « Pourtant, aujourd’hui, ils doivent être bons en finances et en gestion », soutient-il.

Même si ce type d’occupation demeure exigeant, M. Gagnon remarque que les producteurs sont de plus en plus nombreux – particulièrement les jeunes de 18 à 35 ans – à vouloir consacrer plus de temps à leur vie sociale et amoureuse. Mais cette volonté seule ne semble pas suffire.

La quasi-totalité (95 %) des agriculteurs estiment que leur métier est un obstacle pour trouver l’âme sœur, selon une étude réalisée par l’Université -Laval sur l’isolement social et la sociabilité auprès des jeunes du milieu en 2010.

Au-delà de la distance

Dans cette même étude, on apprend que 80 % d’entre eux ont indiqué que leur douce moitié devait s’intéresser à l’agriculture. Il n’est donc pas étonnant que certains aient réussi à trouver la perle rare par l’entremise du site Agrirencontre.

C’est le cas d’Alexandre Hamel et de Monique Rubisuli, de Sainte-Clotilde-de-Horton. « On était séparés tous les deux et on s’est parlé quelques mois avant de se rencontrer pour la première fois », raconte M. Hamel, qui a récemment vendu sa maison de Coaticook pour emménager dans la ferme laitière de sa conjointe. Ce dernier estime avoir eu plus de chance que l’un de ses amis, qui habite en région éloignée et dont les recherches sont restées vaines jusqu’à présent. Si la distance peut être un facteur déterminant, l’âge fait aussi partie des enjeux. « Rendu à un certain âge, ce n’est pas facile de rencontrer, surtout si on a des enfants. Personnellement, je ne m’imaginais pas aller dans les bars à 44 ans », témoigne pour sa part Ruth Banz, qui a aussi fait l’expérience d’Agrirencontre après être devenue veuve.

Le 24 décembre dernier, la résidente de Lotbinière a reçu une demande en mariage de son conjoint Éric Ferland. « On a eu le déclic tous les deux. Il recherchait également quelqu’un qui connaissait le milieu agricole. Même s’il habite à Saint-Bernard de Beauce, je me suis dit qu’il y avait peut-être quelque chose [entre nous deux] », révèle-t-elle avec enthousiasme.

Quelques conseils sur Agrirencontre

Il y a plus d’hommes que de femmes qui recherchent l’âme sœur sur le Web. Dans ces conditions, ceux-ci doivent être plus proactifs que leurs consœurs. Il n’est donc pas surprenant qu’un homme doive envoyer plusieurs messages avant de recevoir une réponse.

Ne prévoyez pas une longue première rencontre. Vaut mieux prendre un verre ou un café. Si ça va bien et que la soirée est jeune, on peut poursuivre avec un souper au restaurant. Si l’entretien s’avère négatif, ça se termine là.

Avant de faire la connaissance de l’autre, essayez de ne pas l’idéaliser. « C’est difficile, mais c’est important », estime Luc Gagnon.  

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