Avec tout le temps libre dont il dispose, Vincent Boisvert multiplie les passe-temps et les voyages. Crédit photo : Émélie Rivard-Boudreau

Avec tout le temps libre dont il dispose, Vincent Boisvert multiplie les passe-temps et les voyages. Crédit photo : Émélie Rivard-Boudreau

L’obsession de Vincent Boisvert : gagner du temps

TRÉCESSON — S’occuper de 30 vaches en travaillant une demi-journée par semaine, c’est possible. Un producteur bovin de l’Abitibi le crie haut et fort.

Depuis les trois dernières années, Vincent Boisvert a changé ses méthodes de travail et n’a qu’une idée en tête : gagner du temps! 

Vincent Boisvert passe parfois pour un illuminé, mais il s’est donné comme mission de parler de sa démarche à un maximum de producteurs, particulièrement aux jeunes qui sont attirés par l’agriculture. Il croit que pour augmenter leur qualité de vie en réduisant leurs dépenses et en se ménageant du temps libre, davantage d’agriculteurs devraient calculer le temps qu’ils consacrent à toutes les étapes de leur travail ou faire faire ce calcul par quelqu’un d’autre. « N’importe quelle ferme peut faire ça », précise-t-il. 

Chez Vincent Boisvert, les 72 animaux sont nourris une fois par semaine. « Au début, on les soignait le vendredi, pour être sûrs de ne pas travailler les fins de semaine, explique-t-il. Mais si une machine se brisait ou s’il y avait un autre imprévu, il fallait quand même entrer la fin de semaine, alors maintenant, on les soigne les mercredis et jeudis. » 

Le nombre de balles de foin nécessaire pour une semaine est transféré dans les parcs. Pour favoriser une qualité de foin plus homogène, le producteur a choisi de déchiqueter les balles et de les disposer dans ses enclos, là où les animaux n’ont qu’à se servir. Il ne donne pas de grains à ses bêtes et les laisse le plus longtemps possible au pâturage, soit jusqu’au 15 novembre environ. 

Faire travailler les vaches

La quête de temps effrénée de Vincent Boisvert l’amène aussi à expérimenter de nouvelles méthodes, inspirées, entre autres, de l’Ouest canadien. Cette année, il coupera son foin en laissant des rangs au sol, afin de laisser les animaux manger ce qui reste et, du même coup, leur permettre d’étendre leur fumier « eux-mêmes ». « Je fais travailler les vaches à ma place! » lance-t-il fièrement. 

Avec tout le temps libre dont il dispose, le producteur multiplie les passe-temps et les voyages. Il s’adonne à la moto, construit des meubles et consacre beaucoup de temps à ses petits-enfants. 

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