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Claude Fecteau (troisième à partir de la droite) considérera la passation de son entreprise à des employés quand il prendra sa retraite. Photo : Gracieuseté de Claude Fecteau

Claude Fecteau (troisième à partir de la droite) considérera la passation de son entreprise à des employés quand il prendra sa retraite. Photo : Gracieuseté de Claude Fecteau

L’intuition de la gestion participative

L’entreprise Fecteau Acébois, de Matapédia en Gaspésie, a adopté dès son lancement, il y a 22 ans, la gestion participative, dans laquelle les employés ­suggèrent des façons de faire susceptibles d’améliorer la performance de cette érablière certifiée biologique.

Fecteau Acébois compte huit employés, et quatre d’entre eux travaillent une trentaine de semaines par an dans cette érablière qui comptait 20 000 entailles en 2000 et 32 000 aujourd’hui. Le fondateur, Claude Fecteau, voyait une logique à consulter ses employés lors de la ­fondation de sa compagnie.

« C’était intuitif, mon affaire; je voulais des gens motivés au travail. Parmi les gens du début, certains sont encore là aujourd’hui. Je les consulte. Parfois, j’ai la réponse, mais je consulte quand même. J’ai le dernier mot, mais ce n’est pas la personne qui a le dernier mot qui aura raison; c’est la personne qui aura la meilleure idée », précise M. Fecteau.

L’acériculteur tente de faire participer ses employés au quotidien. Il obtient ainsi un impact qui varie d’une fois à l’autre. « Quand arrive un projet, je demande à ma gang si on y va. C’est important. Un été, quand on a fait une construction, j’ai mentionné le résultat que je voulais avoir et c’est l’employé qui a décidé comment on allait le faire […] Je donne de la latitude. Je peux avoir une idée de faite, mais si l’employé propose quelque chose d’aussi bon, on fait ça. Je veux que l’employé sache que son idée peut passer », dit-il.

Claude Fecteau trouve important de garder son personnel parce que même s’il ne s’agit pas d’un travail qui occupe à longueur d’année, l’acériculture demande de bonnes connaissances et le fait de recommencer constamment la formation peut être très exigeant. « Il y a beaucoup de travail à faire avec la ­tubulure et la forêt. On essaie de se tenir à la fine pointe, d’être à l’ordre ­partout dans l’érablière. Alors, on verse des salaires compétitifs et on offre de bonnes conditions pour entretenir le respect et la motivation. Avoir des gens heureux au travail, c’est plus important que faire de l’argent. Bon, l’argent, il faut en faire pour continuer, mais les gens et la forêt sont plus importants », souligne-t-il.

À 61 ans, Claude Fecteau pense à la retraite. Sa relève ne sera pas familiale, dit-il.  « Ce ne sera pas juste l’argent qui justifiera mon choix quand je vendrai. J’ai des employés qui vont prendre leur retraite comme moi, probablement, mais il y en a des plus jeunes et ce sera considéré », mentionne-t-il quant à la possibilité de vendre à l’interne. 

L’entreprise Fecteau Acébois a été sélectionnée par le Centre d’emploi agricole de la Fédération de l’UPA de la Gaspésie–Les Îles pour représenter cette région dans le cadre de Ma ferme, mon monde, source d’inspiration en gestion des ressources humaines, une initiative d’AGRIcarrières.

Gilles Gagné, collaboration spéciale