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Les vins du Québec sont les derniers à avoir obtenu une indication géographique protégée en 2018. Photo : Conseil des vins du Québec

Les vins du Québec sont les derniers à avoir obtenu une indication géographique protégée en 2018. Photo : Conseil des vins du Québec

Les appellations protégées, encore rares au Québec

Piment d’Espelette, bœuf de Kobe, café de Colombie, noix de Grenoble… Voilà autant de produits provenant d’un peu partout dans le monde qui bénéficient de l’appellation Indication géographique protégée (IGP) garantissant aux consommateurs une fabrication dans la région désignée selon une méthode traditionnelle. 

Répandue en Europe et ailleurs dans le monde, cette appellation se fait plus rare au Québec. Seulement cinq produits à IGP sont reconnus, soit l’agneau de Charlevoix, le maïs sucré de Neuville, le cidre de glace du Québec, le vin de glace du Québec et le vin du Québec.

Rémy Lambert

Rémy Lambert

Il y aurait toutefois un intérêt grandissant à l’égard des appellations  IGP et autres, croit Rémy Lambert, professeur titulaire au Département d’économie agroalimentaire et des sciences de la consommation de l’Université Laval.

« Une dizaine de projets sont en cours », a-t-il affirmé lors d’un récent webinaire sur les IGP. Cette rencontre virtuelle, la première d’une série de trois, était organisée par la délégation de l’Union européenne au Canada dans le but d’informer les gens sur les avantages des régimes d’IGP et leur mise en œuvre.

Des appellations à venir

Parmi les produits québécois qui visent l’appellation IGP, il y a le cheddar de l’Île-aux-Grues, les spiritueux 100 % Québec et l’Acerum (une eau-de-vie d’érable). Les producteurs de volailles Chantecler de tradition ont quant à eux entamé le processus pour se voir accorder une attestation de spécificité. Il s’agit d’une catégorie d’appellation qui met en valeur une particularité sans référence à une région. Enfin, deux produits cherchent à obtenir l’appellation Terme valorisant — qui cible une méthode de production ou de préparation —, soit les poissons et fruits de mer fumés à la fumée naturelle de bois et les fromages fermiers.

« Des études d’opportunités sont également menées pour d’autres produits d’origine sur la Côte-Nord et dans Chaudières-Appalaches », a précisé Rémy Lambert.

Des avantages, mais aussi des freins

Le Québec ne manque pas de produits du terroir qui pourraient être mis en valeur par une appellation. Il y a plusieurs avantages à accoler une telle marque de commerce. Pour les producteurs, c’est une façon de se démarquer, de s’autoréguler sur les méthodes de production et d’informer les consommateurs sur ce qu’ils achètent, précise M. Lambert. C’est aussi un outil qui permet de se protéger contre les imitations et les usurpations de dénomination.

Il reste que la démarche pour obtenir un tel sceau de qualité est longue et peut s’étaler sur plusieurs années. Elle nécessite également que des producteurs se regroupent pour se conformer à un cahier des charges et gérer collectivement l’appellation.

« Il y a un manque de connaissances quant à ce qu’une appellation peut procurer comme avantages », souligne Rémy Lambert. Le moment est pourtant opportun de faire une demande de reconnaissance alors que les consommateurs veulent davantage soutenir les producteurs locaux et se procurer des aliments d’ici. 

Sylvie Lemieux, collaboration spéciale