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Les élèves de l’école Louis-de-France, à Trois-Rivières, flirtent avec l’agroalimentaire durant tout leur parcours scolaire. Ils sèment, récoltent et cuisinent leurs plantations. Photo : Gracieuseté de Julia Grenier

Les élèves de l’école Louis-de-France, à Trois-Rivières, flirtent avec l’agroalimentaire durant tout leur parcours scolaire. Ils sèment, récoltent et cuisinent leurs plantations. Photo : Gracieuseté de Julia Grenier

L’agriculture s’invite dans plus d’écoles primaires

Les élèves de sept nouvelles écoles au Québec bénéficieront du projet éducatif « L’agroalimentaire s’invite à l’école » cette année. Ce programme d’apprentissage est déjà déployé à l’école Louis-de-France, de Trois-Rivières en Mauricie, par l’organisme AgrÉcoles. Il permet aux écoliers d’être en lien avec l’agriculture durant tout leur parcours scolaire primaire.

Cette nouvelle réjouit la Fédération de la relève agricole du Québec, qui avait formulé la demande au ministère de l’Éducation en mars d’intégrer l’agriculture dans le cursus scolaire primaire et secondaire. Elle y voit une façon de valoriser la profession des agriculteurs. « Ça fait longtemps qu’on souhaite partager notre réalité avec les élèves », a aussi réagi le président de l’Union des producteurs agricoles, Marcel Groleau.

La directrice générale d’AgrÉcoles, Julia Grenier, affirme qu’il est primordial que les enfants aient l’agriculture dans leur baluchon afin qu’ils deviennent plus critiques dans leurs futures décisions et leurs habitudes de vie.  « On leur fournit des outils pour qu’ils comprennent mieux l’environnement dans lequel ils vivent. Ce ne sont pas tous les enfants qui sont exposés à l’importance de la consommation locale, de la saisonnalité, comment on fait pousser les légumes ou comment on conserve les aliments », relate-t-elle.

Un programme à l’étude

Au cours de la dernière année, l’équipe d’AgrÉcoles a élaboré un programme pédagogique axé sur l’agroalimentaire. Il aborde les différentes étapes d’une production agricole et le métier d’agriculteur, mais également le gaspillage et l’autosuffisance alimentaire.

Un projet pilote dans sept écoles présentant des caractéristiques différentes en termes d’éloignement, de localisation et de grosseur (voir encadré) se déroulera au cours de l’année scolaire afin de valider que le programme peut être repris dans d’autres établissements au Québec.

Ce premier déploiement est possible grâce à une aide financière de 331 000 $ alloué par les ministères de l’Agriculture et de l’Éducation. « On le sait, les jeunes enfants sont des vecteurs de changement : ils apportent chez eux les bonnes pratiques qu’ils ont apprises à l’école et ils ont à cœur d’entraîner leur famille dans leurs nouvelles habitudes », a fait valoir le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, lors de l’annonce du financement.

Il restera à voir l’an prochain si ce programme pédagogique peut être transposé dans plus d’institutions. Le financement et la motivation des équipes-écoles sont essentiels pour faire des petits, souligne Julia Grenier. 

Nouvelles écoles du projet pilote

  • Duvernay (Drummondville, Centre-du-Québec)
  • L’Eau Vive (Warwick, Centre-du-Québec)
  • Saint-Mathieu (Montréal)
  • De la Tortue-des-Bois (Saint-Mathieu-du-Parc, Mauricie)
  • De l’Énergie (Shawinigan, Mauricie)
  • Notre-Dame (Notre-Dame-du-Mont-Carmel, Mauricie)
  • Lac-au-Saumon (Lac-au-Saumon, Bas-Saint-Laurent)

AgrÉcoles accompagnera également les écoles Saint-Rosaire, à Causapscal dans le Bas-Saint-Laurent, et Belle-Vallée, à Maskinongé en Mauricie, dans une phase de préimplantation du programme.


L’exemple de Louis-de-France

L’aventure de l’agroalimentaire à l’école Louis-de-France de Trois-Rivières a pris naissance en 2016 par la volonté de la directrice de l’établissement, Maryse Côté, d’intégrer davantage ce volet dans le parcours scolaire. Le projet a évolué et s’est structuré au cours des années.

L’organisme AgrÉcole a été formé en 2019 lorsque l’école trifluvienne a été sélectionnée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec pour devenir un laboratoire d’initiative bioalimentaire jusqu’en juin 2022. L’établissement possède maintenant 23 bacs de jardin, une serre quatre saisons, une chambre froide pour entreposer les récoltes, une classe extérieure à vocation agroalimentaire et une cuisine, en plus d’un bac à compost.

L’école Louis-de-France, de Trois-Rivières, a aménagé une classe extérieure. Photo : Gracieuseté de Julia Grenier

L’école Louis-de-France, de Trois-Rivières, a aménagé une classe extérieure. Photo : Gracieuseté de Julia Grenier

Un thème par niveau scolaire

Dans le programme pédagogique élaboré en vue d’un déploiement ailleurs au Québec, chaque niveau scolaire évolue durant toute l’année selon un thème. Par exemple, les élèves de cinquième année parleront des céréales. Dès septembre, ils récoltent ce que la cohorte avant eux a semé. Ils les entreposent, les transforment et les goûtent.

La directrice générale d’AgrÉcoles, Julia Grenier, précise que le concept n’est pas nécessairement copié-collé de ce qui se fait à l’école Louis-de-France et est adapté à la réalité de chaque établissement. Avant d’amorcer un projet, une analyse des lieux est réalisée pour voir ce qui peut être aménagé.

Mme Grenier souligne avoir vu différentes réussites à l’école Louis-de-France. « On a entendu un élève demander à un autre ce qu’il ferait avec 1 M$. Il lui a répondu qu’il aimerait avoir une grande serre dans sa cour arrière! Des élèves qui avaient le dégoût des champignons se sont mis à en manger. On voit des enfants tellement impliqués. À la récré, ils viennent passer le balai ou enlever les mauvaises herbes. Ils développent leur confiance en eux », indique-t-elle.