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La maladie de Lyme en progression au Québec

SHERBROOKE — Premières victimes de la maladie de Lyme au Québec, les producteurs agricoles et forestiers ont la désagréable impression d’être mal compris par le corps médical.

De guerre lasse, plusieurs ont trouvé aux États-Unis les médecins et la médication appropriés à leur condition.

« On soigne les chats et les chiens mieux que nous », a constaté une productrice agricole. Le jeudi 20 mars, le Club agroenvironnemental de l’Estrie avait organisé une rencontre d’information et de témoignages à la suite de son assemblée générale annuelle. Plusieurs producteurs y ont rapporté leurs difficultés à obtenir un diagnostic et des traitements adéquats au Québec. Larry Downey a notamment parlé de la situation de son épouse. Traitée depuis décembre dernier par un médecin américain, elle voit son état de santé s’améliorer constamment. Au Québec, on lui avait même diagnostiqué la sclérose en plaques.

« On s’est fait dire par un infectiologue du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke, a-t-il rapporté, que la maladie de Lyme, c’est comme une mode aux États-Unis. Moi, je poserais au moins la question à savoir pourquoi mon test sort négatif au Québec. »

Directrice de la santé publique en Estrie, la Dre Mélissa Généreux s’est dite touchée par les témoignages entendus. Elle a reconnu que la maladie était en progression au Québec, la zone la plus endémique se trouvant dans le sud.

« Il y a sûrement un niveau à rehausser afin que les médecins détectent cette maladie », a-t-elle affirmé, précisant qu’elle acceptait cette mission.

« Ils [les médecins] sont tous dans la négation au Québec », a déploré Denis Brouillard, un producteur agricole dont l’épouse est sévèrement atteinte.

Lui-même frappé par la maladie, Louis Desrosiers a pour sa part été forcé de tout vendre. Il a aussi reçu un diagnostic de sclérose en plaques, se faisant même dire par un neurologue que cette maladie n’existait pas au Québec.

« Je n’étais plus capable de signer mon nom », a raconté le producteur de Martinville.

Membre du club, Marie-Antoine Roy a bien résumé le sentiment de frustration vécu par les agriculteurs, les premières victimes d’une nouvelle crise.

« On a besoin d’une volonté politique et on doit avoir les vrais tests », a-t-il déclaré sous les applaudissements de la salle.
Informations supplémentaires auprès de l’Association québécoise de la maladie de Lyme (www.aqml.ca).