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Le choix s’arrête sur un des rares animaux qui a des cornes. Par tradition, on vérifie sa dentition, ses oreilles et ses yeux pour s’assurer qu’il est en bonne santé. Photos : Myriam Laplante El Haïli/TCN

Le choix s’arrête sur un des rares animaux qui a des cornes. Par tradition, on vérifie sa dentition, ses oreilles et ses yeux pour s’assurer qu’il est en bonne santé. Photos : Myriam Laplante El Haïli/TCN

La fête du Bélier vue de l’intérieur

La fête du Bélier, ou l’Aïd el-kebir, est une période achalandée pour les producteurs ovins, étant donné qu’un grand nombre d’agneaux sont envoyés à l’encan. Tous les producteurs ne savent pas, par contre, comment se déroule la suite des choses. Notre journaliste Myriam Laplante El Haïli a suivi sa belle-famille venue d’Algérie lors des plus récentes célébrations.

L’ÉPIPHANIE — L’ambiance est à la fête dans la famille Hamadouche. À McMasterville, sur la Rive-Sud de Montréal, Tata Saliha et sa fille Rosa ont commencé dès les petites heures du matin à cuisiner les mets qui seront servis au souper. Cette année, la fête, qui dépend du calendrier lunaire, est tombée un dimanche, le 11 août. Amis et cousins viendront fêter en grand nombre; tout a intérêt à être prêt.

À l’Abattoir Zampini à l’Épiphanie, les Magrébins, Moyen-orientaux et Africains sont nombreux à être venus chercher leur agneau en famille, des grands-parents au dernier-né.

À l’Abattoir Zampini à l’Épiphanie, les Magrébins, Moyen-orientaux et Africains sont nombreux à être venus chercher leur agneau en famille, des grands-parents au dernier-né.

Tonton Malek, le père, et Khaled, son fils, ont l’importante mission d’aller chercher la pièce maîtresse du repas : l’agneau. La tradition veut que l’animal soit choisi vivant à l’abattoir et qu’il soit égorgé selon les rites musulmans. Le rendez-vous est à 14 h 30 à l’Abattoir Zampini, près de L’Assomption dans Lanaudière. On leur a bien spécifié de ne pas arriver plus de 10 minutes à l’avance.

Victoire! Une heure plus tard, Khaled et son père ressortent de l’abattoir avec de la viande d’agneau fraîche et découpée. Ils sont prêts à prendre la route vers McMasterville pour rejoindre le reste de la famille et les amis.

Victoire! Une heure plus tard, Khaled et son père ressortent de l’abattoir avec de la viande d’agneau fraîche et découpée. Ils sont prêts à prendre la route vers McMasterville pour rejoindre le reste de la famille et les amis.

Plusieurs familles sont présentes. Les enfants s’amusent dans l’herbe, les rires fusent de partout; c’est jour de fête dans la communauté musulmane. À l’Abattoir Zampini, tout est organisé au quart de tour. Ils abattent 390 agneaux par jour durant trois jours depuis plusieurs années. Le personnel est accueillant et souriant. Khaled et son père entrent dans l’enclos et c’est sur un agneau de neuf mois que s’arrête leur choix. Khaled avouera par la suite que ce sont les cornes qui ont attiré son œil. Les Hamadouche repartiront une heure et demie plus tard avec la viande de l’animal et se dirigeront vers McMasterville. On prend des photos et des vidéos pour Zyriab et sa famille, le frère aîné resté en Algérie. Pour lui, c’est comme fêter Noël tout seul. Il se fera appeler plusieurs fois dans la journée.

À McMasterville vers 18 h, les « saha aïdkoum », qui veut dire « Bénie soit la fête de l’Aïd », se font entendre avant même d’entrer dans la maison avec la viande. On sait qu’un agneau fraîchement abattu ne peut pas être cuisiné le jour même. Il faut attendre au moins trois jours avant de le manger. Alors que les odeurs de plats de poulet et bœuf haché mijotés embaument toute la maison, ce sont les abats l’on envoie sur le BBQ au charbon. Tous se régalent de cervelle, de foie, de cœur, de reins et de…testicules, plus communément appelés rognons blancs. Repus, les gens repartent chez eux à 22 h. Encore cette année, la fête de l’Aïd aura été un beau succès.