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Lorsqu’une région comme le Midwest demeure sous un dôme d’air plus chaud, une autre région devient plus défavorisée. « Et ça risque d’être nous », souligne le météorologue André Monette. Crédit : Martin Ménard/ArchivesTCN

Lorsqu’une région comme le Midwest demeure sous un dôme d’air plus chaud, une autre région devient plus défavorisée. « Et ça risque d’être nous », souligne le météorologue André Monette. Crédit : Martin Ménard/ArchivesTCN

Juillet ne devrait pas être trop chaud

« On ne prévoit pas de grosses canicules et certaines régions pourraient être sous les normales de saison en juillet », prédit André Monette, chef de service en météorologie pour MétéoMédia. Il précise que la chaleur devrait demeurer concentrée dans le Midwest américain et que les poussées de chaleur au Québec devraient être sporadiques, surtout dans la première moitié de juillet.

La météo du nord-ouest du continent aura ainsi la plus grande influence sur le Québec, nous gardant dans une forme de dôme d’air plus frais. Le météorologue explique que lorsqu’une région comme le Midwest demeure sous un dôme d’air plus chaud, une autre région devient plus défavorisée. « Et ça risque d’être nous », souligne-t-il. Ceux qui pourraient y goûter davantage sont les régions plus nordiques du Québec, comme l’Abitibi, le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Charlevoix, la Côte-Nord et une portion de la Gaspésie. « Plus on va au nord, pire ce sera. Car un endroit comme Saguenay, avec une normale de 25 °C, si tu perds quelques degrés, tu arrives à 21 °C. Ça devient moins plage et moins piscine. Tandis qu’au sud du Québec, les températures seront peut-être moins chaudes qu’à l’habitude, mais les gens le ressentiront moins », détaille-t-il. Malgré tout, ce ne se sera pas du temps trop froid. « On reste en juillet quand même », rappelle M. Monette.

Pour la deuxième moitié de saison, le météorologue semble voir des améliorations. Le fameux dôme d’air plus frais pourrait se déplacer. « Mais on ne prévoit pas encore de grosses poussées de chaleur, de grosse canicule. » En termes de précipitations, juillet devrait être moins pluvieux que juin, soutient-il, prévoyant des précipitations dans la normale.

Un record de pluie à Saguenay

Le mois de juin a fait place à plusieurs épisodes météorologiques marquants en juin. André Monette évoque d’abord des grêlons de forte taille, faisant entre 5 et 7 cm de diamètre dans la région de la Montérégie, près de la frontière ontarienne. « C’est très, très rare au Québec, des grêlons de cette taille », insiste le météorologue.

Pour le reste, juin a été vraiment « arrosé », dépeint-il, avec un record de tous les temps à Saguenay, qui avait reçu, au moment de l’entrevue, le 29 juin, 226 mm de pluie. « Leur moyenne est de 89 mm pour un mois de juin! Ce n’est pas pour rien que le sol était moins stable et qu’ils ont eu un important glissement de terrain », commente-t-il. Au Bas-Saint-Laurent, Rimouski, avec ses 150 mm de pluie, s’approchait aussi de son record absolu qui est de 165 mm. Seules les régions de l’extrémité est du Québec, comme la pointe de la Gaspésie, sont sous leurs normales de saison pour les précipitations en juin.

Le météorologue explique que le Québec s’est retrouvé au centre d’une bataille entre le temps chaud provenant des États-Unis et des masses d’air froid qui ont entraîné de plus grands volumes de précipitations. Dans le cas de Saguenay, il dit que les précipitations étaient très concentrées, car à peine un peu plus loin au Lac-Saint-Jean, la municipalité de Roberval a reçu seulement 30 mm de pluie de plus que sa normale de saison. « Les gens de Saguenay ont été moins chanceux. Les orages sont restés plus longtemps sur eux et ils se sont retrouvés plus souvent dans les corridors de pluie. Il n’y a pas d’explication scientifique », conclut-il.