fbpx
Jean-Marc Harnois a consacré toute sa vie à l’avancement de l’agriculture et à l’innovation en matière de fertilisants. Photo : Gracieuseté Jean-Marc Harnois

Jean-Marc Harnois a consacré toute sa vie à l’avancement de l’agriculture et à l’innovation en matière de fertilisants. Photo : Gracieuseté Jean-Marc Harnois

Jean-Marc Harnois, passionné par la revalorisation

Après son père, l’un des premiers commerçants de l’industrie des fertilisants dans les années 1940, Jean-Marc Harnois, cofondateur d’Agro-100, a consacré sa vie à la recherche et au développement afin de pousser le domaine toujours plus loin. Il a toute une vue d’ensemble sur le secteur.

« Dans les années 1940-1950, mon père avait un magasin, appelé JAH Harnois, à Saint-Thomas, où il vendait des engrais. Il mélangeait à la pelle de la potasse, du sang séché et des os moulus. Il avait son propre territoire de vente, déterminé par le gouvernement. À cette époque, le gouvernement donnait des subventions aux agriculteurs pour les encourager à utiliser ces produits. Le but était d’enrichir les sols qu’on venait de défricher et qui étaient pauvres », se souvient Jean-Marc Harnois.

Au milieu des années 1960, le jeune Jean-Marc s’est lancé sur les traces de son père, qui revendait des fertilisants pour C-I-L, en devenant représentant pour cette compagnie. « J’ai doublé les ventes de fertilisants en trois ans! »

Puis, il a travaillé pour une compagnie d’engrais ontarienne. « À cette époque, il n’y avait aucun maïs produit au Québec. C’est là que j’ai réalisé que nous ne faisions que des productions peu payantes. Tout ce qui était payant était cultivé en Ontario et dans l’Ouest. Nous étions de bons cultivateurs, mais pas des bons commerçants. » Jean-Marc Harnois en parlait chaque fois qu’il le pouvait dans les assemblées. « Ça a fini par changer avec les années. »

Passionné par l’agriculture, Jean-Marc Harnois travaillait sans relâche, se tenant à la fine pointe des avancées du domaine de la fertilisation. « Une des erreurs de l’industrie a été d’appeler ça des « engrais chimiques ». Ça fait peur au monde, et en réalité, tout est chimique. Ils auraient dû appeler ça « fertilisants » dès le départ. J’ai d’ailleurs toujours refusé qu’on soit associé aux pesticides. Selon moi, les fertilisants sont verts, il s’agit de bien s’en servir. »

En 1968, quelques mois après avoir acheté l’entreprise de son père, il fondait, à 23 ans, le premier Agrocentre au Québec, en partenariat avec C-I-L. Puis, dix ans plus tard, il démarrait les Engrais Fertico, une entreprise qu’il a revendue quelques années plus tard.

Bien avant que le concept d’économie circulaire ne devienne à la mode, Jean-Marc Harnois voyait du potentiel où d’autres ne voyaient que des résidus. En 1989, il fonde Agro-100 avec Luc Verdonck. « On était les premiers en Amérique du Nord à faire de la revalorisation. Il fallait éduquer, démystifier, pour que les agriculteurs voient le potentiel de ces matières revalorisées. »

Grâce à son département de recherche, Agro-100 innove constamment, revalorisant les matières résiduelles en provenance de diverses industries. Des sous-produits qui, appliqués au bon endroit au bon moment, deviennent des fertilisants de haute qualité. « Je ne suis pas agronome, mais j’ai su m’entourer des meilleurs », confie Jean-Marc Harnois.

Avec le Bureau de normalisation du Québec (BNQ), Jean-Marc Harnois a contribué à caractériser et établir les premières normes relatives aux matières résiduelles fertilisantes (MRF). « Aujourd’hui, le mouvement de la valorisation prend son envol. Il y aura des produits que nous ne pouvons même pas imaginer. Ça va continuer comme ça, pour qu’un jour, tout puisse être revalorisé. »

Retiré dans sa maison en Gaspésie, et officiellement retraité, depuis qu’il a cédé la barre d’Agro-100, M. Harnois ne peut s’empêcher de s’impliquer encore. Le défi improbable qu’il a choisi cette fois? La revalorisation d’un sous-produit de l’amiante, riche en magnésium, avec l’entreprise KSM, pour qui il agit à titre de consultant dans leur développement de procédés.

« Encore une fois, le principal défi qu’on aura, c’est l’éducation. Les gens ont peur de l’amiante, il faudra démystifier, leur faire réaliser que ce n’est pas de la pollution qu’on fait, mais bien de la dépollution. On retourne à la terre, ce qui vient de la terre. »