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Un nouveau programme de stages financé par le MAPAQ offre aux futurs vétérinaires l’opportunité de se familiariser avec l’agriculture. Crédit photo : Archives/TCN

Un nouveau programme de stages financé par le MAPAQ offre aux futurs vétérinaires l’opportunité de se familiariser avec l’agriculture. Crédit photo : Archives/TCN

Des stages en milieu agricole pour les futurs vétérinaires

Cet été, plusieurs éleveurs de la province recevront de la grande visite : leur vétérinaire accompagné d’un étudiant stagiaire qui désire se familiariser avec la pratique en milieu agricole. Cette initiative du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) vise à juguler le manque de praticiens chez les animaux d’élevage.

Baptisé Initiative ministérielle pour des stages incitatifs en médecine vétérinaire dans le domaine bioalimentaire, le nouveau programme de stages prend son envol. Ainsi, chaque étudiant qui y participe est jumelé à une clinique vétérinaire spécialisée dans le domaine des grands animaux, des petits ruminants, des productions porcines et avicoles ou dans les secteurs plus marginaux comme les gibiers de même qu’en santé publique vétérinaire.

Pour sa première année, l’initiative s’avère déjà un succès avec 65 étudiants inscrits dans 44 milieux de stages pour un total de 428 semaines de travail. « C’est au-delà de nos attentes », se réjouit Hugo Plante, vétérinaire au MAPAQ.

Situation fragile en élevage

Chaque année, le ministère essaie de quantifier la fragilité du service vétérinaire dans le secteur des grands animaux. « À proprement parler, il n’y a pas actuellement de pénurie de médecins vétérinaires dans le bioalimentaire. Par contre, la situation est fragile et l’on sait déjà que le nombre d’étudiants qui obtiennent un diplôme dans ce secteur ne permet pas de remplacer ceux qui vont potentiellement prendre leur retraite », explique le Dr Plante.

« On constate de façon claire dans les régions les plus éloignées que la situation est extrêmement fragile », confirme la présidente de l’Ordre des médecins vétérinaires du Québec (OMVQ), Caroline Kilsdonk. Son organisation profite de chaque tribune pour amener les étudiants durant leur cursus à envisager la pratique chez les animaux d’élevage.

« On commence à gérer des bris de services, témoigne pour sa part le 2e vice-président de l’Union des producteurs agricoles [UPA], Paul Doyon. Cette pénurie préoccupe l’Union, surtout avec les exigences en matière de bien-être animal. » Un comité sur la relève vétérinaire regroupant l’UPA, l’OMVQ, l’Association des médecins vétérinaires praticiens du Québec, l’Association des vétérinaires en industrie animale du Québec, la Faculté de médecine vétérinaire (FMV) de l’Université de Montréal et le MAPAQ tente de trouver des solutions. Une réflexion sur le mode d’admission à la FMV est d’ailleurs en cours.

Beaucoup d’appelés, peu d’élus

« Encore cette année, la demande en médecine vétérinaire a été considérable », confirme Mathieu Dobchies, de la FMV. Environ 1 000 candidats se sont disputé les 96 places disponibles. « Il faut être prudent avant de former plus d’étudiants, met cependant en garde la présidente de l’OMVQ. La pratique entre les grands et les petits animaux, c’est un vase communiquant. S’ils s’en vont tous chez les petits animaux, en ville, on ne sera pas plus avancés », conclut Caroline Kilsdonk.

Fonctionnement

Le nouveau programme de stages vise à exposer les futurs vétérinaires à l’agriculture et à influencer leur choix de carrière. Il s’adresse aux étudiants des quatre premières années du doctorat en médecine vétérinaire. Les stages se déroulent par blocs de quatre semaines. Les étudiants peuvent réaliser jusqu’à trois blocs durant l’été pour un total de 12 semaines. Le projet prévoit une aide financière du ministère de l’Agriculture et une bonification de 15 % est accordée si le stage est effectué dans l’une des régions désignées, soit l’Abitibi-Témiscamingue, le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine et l’Outaouais.