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Cultiver la qualité, une fleur à la fois

Symbole par excellence de la tendresse humaine, les fleurs embellissent le quotidien et accompagnent les grands moments de la vie. Derrière chaque bouquet offert à un proche se cache une histoire d’amour insoupçonnée entre l’artisan et son produit. À l’occasion de la Saint-Valentin, deux producteurs de fleurs révèlent les dessous du métier.

Rose Drummond

La semaine précédant la Saint-Valentin, ne cherchez pas Emmanuel Bertrand et Amélie Lampron, le couple à la tête de Rose Drummond. Ils sont affairés à préparer des milliers de bouquets rouges et roses pour la grande fête des amoureux.

« Même si nous avons étalé nos ventes en offrant des produits du terroir et des produits maraîchers, la Saint-Valentin demeure un moment fort de l’année », souligne Amélie Lampron, directrice générale de l’entreprise fondée par ses parents, qui est aujourd’hui l’un des derniers producteurs de fleurs coupées au Québec.

Bon an, mal an, l’entreprise de Drummondville vend de 35 000 à 40 000 roses pendant la semaine du 14 février. Or, le faible taux d’ensoleillement en -décembre et en janvier limite la capacité de production en serre à 5 000 roses. Comment combler cet écart? Le couple commande à la mi-décembre une importante quantité de fleurs des Pays-Bas et d’Amérique du Sud qui arriveront par avion.

L’équipe de Rose Drummond n’a que quelques jours avant la Saint-Valentin pour préparer les bouquets et s’assurer que les roses resteront fraîches de cinq à sept jours à la maison. Pendant ce temps, la production de fleurs ne s’arrête pas. Une trentaine de variétés de roses et de gerberas ainsi qu’une dizaine de variétés d’alstroemerias poussent dans les serres. Les conditions intérieures comme la luminosité ou l’arrosage sont régulées par un ordinateur climatique. Le couple demeure informé en temps réel par le moyen de sondes de même que par des inspections journalières.

« On fait appel à toute notre famille pendant cette période. C’est intense, mais Emmanuel ne manque pas de m’offrir un bouquet quand la journée du 14 février se termine », lance en riant Amélie. 

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Productions Saint-Anicet

Quand Roger Quenneville se promène dans sa parcelle de dahlias, il a une pensée pour ses grands-parents. « Ils avaient l’habitude d’en planter chez eux. Enfant, je leur donnais un coup de main. C’était si beau. »

Ce bonheur d’être entouré de beauté s’est transmis d’une génération à l’autre.  Quand Roger Quenneville et sa conjointe Liliane Beaupré ont vendu leur ferme céréalière de Saint-Anicet en 2005, ils ont conservé un lopin pour se lancer dans la culture commerciale de dahlias.

Des quelque 3 000 variétés de cette plante qui poussent en Amérique du Nord, Productions Saint-Anicet en cultive près de 250 dont les bulbes sont exportés aussi loin qu’au Japon et en Russie.

Le début du mois d’août marque la floraison des dahlias. Une constellation de couleurs recouvre alors leur champ jusqu’aux premiers gels. Plusieurs familles et amoureux viennent y cueillir un bouquet et réserver les bulbes qui leur seront expédiés à l’automne. « On leur fait connaître les différentes formes de dahlias, qui vont de 1,5 à 13 po de diamètre. Quand les annuelles et les vivaces ont rendu l’âme, les dahlias prennent le relais », explique Roger.

Les défis ne manquent pas. L’an dernier, un automne trop sec les a contraints à récolter les bulbes même s’ils n’étaient pas prêts. Ils les ont inspectés un à un pour les préserver de la pourriture. Devant l’ampleur de la tâche, le couple se fait philosophe. « Jusqu’à ce jour, l’agriculture nous a permis de repousser sans cesse la limite de nos connaissances. C’est un apprentissage supplémentaire. » 

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David Riendeau, journaliste

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