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Au Québec, les pertes financières engendrées par les incendies dans des bâtiments à vocation agricole oscillent entre 30 et 40 M$ par année. Photo : Gracieuseté de Sylvain Mayer

Au Québec, les pertes financières engendrées par les incendies dans des bâtiments à vocation agricole oscillent entre 30 et 40 M$ par année. Photo : Gracieuseté de Sylvain Mayer

Bâtiments : mieux vaut prévenir que guérir

Au Québec, des incendies se déclarent en moyenne quatre fois par semaine dans des bâtiments agricoles, ne laissant généralement que des décombres derrière eux.

Un chiffre qui frappe l’imaginaire, mais qui est loin d’être exceptionnel puisque c’est la moyenne enregistrée au cours des 10 dernières années, selon les données du ministère de la Sécurité publique. Celui-ci, conscient du phénomène, a d’ailleurs consacré un chapitre entier aux incendies de bâtiment à vocation agricole dans son plus récent rapport.

Des pertes matérielles et financières, bien sûr, mais aussi parfois celles de centaines d’animaux qui périssent ou qui doivent être euthanasiés après avoir été affectés par les brûlures, des blessures survenues lors de l’évacuation ou l’inhalation de la fumée.

Enfin, encore plus tragiques, les incendies sont parfois la cause de décès de producteurs, d’ouvriers agricoles ou même de premiers intervenants. C’est ce qui est survenu en mars dernier dans la région du Lac-Saint-Jean lorsqu’un pompier a perdu la vie après qu’une partie de la structure d’un bâtiment agricole se fut affaissée sur lui.

Les municipalités se sentent donc aussi interpellées par cette situation. En 2020, la Ville de Princeville avait entrepris de légiférer pour rendre obligatoire l’inspection des bâtiments agricoles par son service de protection des incendies. Une telle pratique était déjà la norme jusqu’au milieu des années 2000 avant que la Sécurité publique n’en lève l’obligation.

Les élus princevillois avaient en fin de compte retraité devant la réticence des agriculteurs qui disaient déjà répondre aux recommandations de leur assureur et en constatant que l’Association des techniciens en prévention incendie du Québec travaillait elle-même sur un projet destiné à mieux coordonner les inspections des assureurs et des services de sécurité incendie.

Pas étonnant donc que devant l’importance des enjeux financiers et humains, les assureurs misent beaucoup sur la prévention auprès des producteurs, et bonne nouvelle, ceux-ci sont de plus en plus réceptifs aux messages des préventionnistes. L’entreprise privée s’intéresse aussi à la prévention en développant des équipements en mesure de suivre en temps réel et à distance l’intégralité du système électrique dans les fermes.

Les incendies sont source de préoccupation, mais les effondrements de fermes causés par les rudes hivers inquiètent aussi de plus en plus. Même des constructions plus récentes n’y échappent pas, nous faisant rappeler que le Code de construction des bâtiments agricoles n’a pas été mis à jour depuis 1995.

À telle enseigne que les changements climatiques et leurs effets sur la météo sont maintenant sur les écrans radars des assureurs qui entrevoient bientôt ce phénomène comme le prochain ennemi no 1 à surveiller…