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La zone dangereuse de l'arbre de transmission de la boîte d'ensilage était accessible en raison du protecteur endommagé. Photo: Gracieuseté de la CNESST

La zone dangereuse de l'arbre de transmission de la boîte d'ensilage était accessible en raison du protecteur endommagé. Photo: Gracieuseté de la CNESST

Arbre de transmission : mort causée par une pièce de protection endommagée

S’il avait été en bon état, le protecteur tubulaire recouvrant l’arbre de transmission relié à la prise de force de la boîte d’ensilage aurait pu changer le destin du jeune travailleur Rick Lessard-Carrier, mort enroulé autour de cette pièce en mouvement, l’automne dernier à Val-Joli, en Estrie.

C’est ce qui ressort du rapport de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), rendu public le 20 mai. Le jour de l’accident, le 6 octobre, le jeune homme de 19 ans était assigné à l’ensilage du maïs de la Ferme L’Espoir. Pour ce faire, il  utilisait le convoyeur de transfert de la boîte d’ensilage ainsi qu’un souffleur, tous deux alimentés mécaniquement par des tracteurs. Le travailleur devait ensuite surveiller le transfert du fourrage dans le silo pour ajuster, au besoin, la vitesse des machines.

Rick Lessard

Rick Lessard-Carrier

Un des collègues de M. Lessard-Carrier a constaté l’absence d’une boîte d’ensilage vide dans le stationnement lorsqu’il est venu la récupérer. Il s’est immédiatement dirigé vers l’équipement de transfert, où il a aperçu le corps du jeune homme enroulé autour de l’arbre de transmission de la boîte d’ensilage. Les services d’urgence ont été appelés et le décès du travailleur a été constaté sur place.

L’enquête de la CNESST a permis d’établir que l’arbre de transmission était accessible, car le protecteur était endommagé. De plus, l’emplacement occupé par le travailleur l’exposait à un contact avec cette pièce en mouvement.

À la suite de l’accident, l’organisme a interdit à la Ferme L’Espoir l’utilisation de la boîte d’ensilage jusqu’à ce que l’arbre de transmission soit muni d’un protecteur en bon état. L’interdiction a été levée après que l’employeur eut remplacé le protecteur endommagé.

Sous aucun prétexte

Selon l’inspecteur au dossier à la CNESST, Sylvain Roy, les employeurs agricoles doivent d’abord s’assurer que les protecteurs des pièces en mouvement sont bien en place et fonctionnels. Et cela, sans compromis. « Le temps n’est pas une excuse. Il ne doit pas y avoir d’excuses », martèle-t-il.

Et même s’il y a une protection, surtout dans le cas d’une prise de force qui effectue environ 350 tours à la minute, on ne devrait jamais s’en approcher, rappelle l’inspecteur.

Ce dernier tient à réitérer l’importance de respecter toutes les règles en vigueur, et ce, même pour la remise en service de la machinerie datant d’une autre époque. « Il faut que tout soit conforme », dit-il d’un ton catégorique.

Les employeurs ont donc une double responsabilité; à la fois celle de veiller au bon état des équipements, mais aussi à la sécurité de leurs travailleurs (voir encadré). Et ce, même si « ce n’est pas une job facile » que de répéter constamment certaines consignes, reconnaît M. Roy.

En entrevue à La Terre l’automne dernier, le beau-père de Rick Lessard-Carrier, Marcel Bisson, racontait que le protecteur de l’arbre de transmission s’était brisé quelques semaines avant la tragédie. Et qu’il n’avait pas pris le temps de remplacer cette pièce. « C’était une négligence de ma part », avait-t-il reconnu avec amertume.

Le producteur laitier avait alors invité tous ses confrères à « mettre leurs culottes, à insister » pour prendre des précautions et éviter qu’un autre drame ne survienne. 

Pour visionner l’animation de la CNESST : https://bit.ly/2zdBA1y