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Abolition des limites d’accès au programme de 500 poules pondeuses

Dans son élan pour favoriser l’agriculture de proximité, le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne, s’est entendu avec la Fédération des producteurs d’œufs du Québec (FPOQ) pour abolir la limite du nombre de producteurs pouvant élever un maximum de 500 poules pondeuses.

La sélection de ces candidats se limitait auparavant à cinq par année par l’intermédiaire du programme d’aide au démarrage de la FPOQ, mis en place en 2018. L’abolition de la limite du nombre de producteurs pouvant accéder au programme vise à « simplifier les normes de production tout en maintenant un accompagnement personnalisé aux producteurs afin que ceux-ci respectent les normes de salubrité et de bien-être animal », a indiqué le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) par voie de communiqué, le 29 mai.

Avec cette bonification, la Fédération des producteurs d’œufs de consommation du Québec estime de son côté « s’adapter pour rencontrer les besoins des consommateurs québécois ». Elle considère par ailleurs que l’encadrement prévu permettra aux producteurs actuels et aux consommateurs d’être rassurés quant au respect des normes de salubrité, de biosécurité et de bien-être animal par les nouveaux producteurs.

Craintes pour la biosécurité

Jean-Pierre Vaillancourt, professeur au Centre de recherche en infectiologie porcine et avicole de la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, émet des réserves envers ce projet si la densité régionale et la proximité avec d’autres élevages avicoles ne sont pas évaluées. « Alors là, nous aurons éventuellement des problèmes. Nous sommes en 2022, pas en 2002. Les choses ont changé avec les changements climatiques. Présentement, nous avons une contamination de l’environnement par un virus (H5N1) qui n’a rien à voir avec ce que nous avons vu depuis le début de la production industrielle autant au niveau local que mondial », spécifie-t-il.

La FPOQ, qui sera chargée d’encadrer les producteurs qui seront admis dans le programme, a précisé à La Terre que la sélection des candidats ne tiendra pas compte de la densité d’élevage avicole à l’endroit d’implantation du projet.

Un cahier de charge pour les petits

Les normes minimales de production pour ceux qui adhéreront au programme sont établies dans un cahier de charge pour la production d’œufs de consommation à petite échelle, qui a été développé par un groupe de travail composé « de producteurs, de vétérinaires, d’agronomes et de conseillers sous la coordination du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec », indique le cabinet du ministre Lamontagne.

Selon la FPOQ, ce cahier est très semblable aux normes effectives dans les élevages commerciaux, et correspond aux normes que doivent respecter les éleveurs de moins de 3 000 pondeuses. Le programme sera d’ailleurs géré par la FPOQ. Les candidats devront compléter une fiche d’inscription et seront ensuite sélectionnés par un comité où siégeront des représentants de la FPOQ et du MAPAQ. Les premiers candidats pourront faire leur demande dès que la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec aura approuvé l’exemption demandée par la FPOQ, laquelle devrait être déposée à la mi-juin.