7 solutions pour mieux gérer son temps

1 • Se faire remplacer

De plus en plus de producteurs ont recours à des employés et certaines fermes d’élevage embauchent même des travailleurs étrangers temporaires. La coopérative de remplacement agricole de Victoriaville compte maintenant 74 membres. Ceux-ci paient 27,50 $ l’heure pour un remplaçant, tous frais compris, y compris les assurances. Le travail à forfait est un autre moyen de gagner du temps.

2• La robotisation

La question des heures de travail fixes est souvent une des raisons principales pour la robotisation à la ferme, notamment dans le secteur laitier. « Ce n’est pas moins de temps, mais c’est beaucoup plus flexible pour l’heure du train et ça sera plus attirant pour se faire remplacer », estime Frédéric Marcoux.

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3• Se regrouper

Plusieurs étudiants envisagent de fonder une coopérative de travailleurs ou une ferme de groupe pour mieux répartir le travail et diminuer l’endettement qui pèse sur chacun. Des petits producteurs, notamment des maraîchers, se regroupent pour diminuer le temps consacré à la mise en marché.

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4•Savoir déléguer

Certains jeunes rencontrés par La Terre sentent que la génération précédente peine à déléguer des tâches et ainsi à se ménager du temps libre. « La grosse mode en agriculture, c’est de tout faire soi-même. Même si c’est un peu moins bien fait, il faut déléguer », estime Marion Pinsonneault, étudiante au Cégep de Victoriaville et employée d’une ferme laitière.

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5• La coopérative de travailleurs 

La Ferme coopérative Tourne-Sol a été citée en exemple. Cette coop maraîchère et de production de semences compte maintenant sept travailleurs-propriétaires qui réussissent à vivre de leur métier  à l’année. « On vise la rentabilité, mais aussi  la qualité de vie », explique Daniel Brisebois, membre fondateur. Ce dernier précise qu’une bonne planification permet un horaire d’été de 7 h 30 à 17 h du lundi au vendredi. Une semaine de vacances est prévue pendant l’été et l’entreprise offre des journées de maladie et des jours fériés. 

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6•Le conseil et la formation

Aller chercher conseil pour mieux organiser l’entreprise peut s’avérer judicieux. La formation en coexploitation parents-relève offerte par le MAPAQ en Montérégie est un exemple qui permet la discussion  sur le transfert et l’organisation du travail. Conseillère chez SynerAction, Martine Deschamps a déjà constaté des échecs de transfert à la relève pour des raisons d’organisation du travail. 

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7•Repenser le travail

Vincent Boisvert calcule tout, notamment le nombre de minutes par tâche et par jour, et cumule les données par trimestre. Il croit que davantage d’agriculteurs devraient s’astreindre à ce calcul ou le faire faire par quelqu’un d’autre puisqu’il lui a permis d’augmenter sa qualité de vie en réduisant ses dépenses et en se ménageant du temps libre.

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Éviter la détresse

Prendre congé peut parfois devenir une question de vie ou de mort. « Les conséquences [de ne pas prendre congé] peuvent être graves. L’agriculteur peut perdre le goût de se lever ou de manger et ça peut malheureusement mener au
suicide », affirme Nathalie Latulippe, responsable du dossier de la prévention du suicide au Centre intégré de santé et de services sociaux de Chaudière-Appalaches. Des professionnels du réseau de la santé peuvent aider à se faire remplacer.

L’organisme Au cœur des familles agricoles (ACFA) estime d’ailleurs que donner un véritable congé aux agriculteurs en détresse est très important. « L’ACFA veut devenir membre de cette coopérative [de remplacement]. On y pense sérieusement; c’est sur la table », croit Jaclin Bisaillon, président du conseil de l’ACFA. « C’est complémentaire aux travailleurs de rang; on trouve que c’est un maillage naturel », précise Christine Gaudet, directrice de la Coopérative.

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