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« Les entreprises agricoles doivent se prendre en main. La sécurité, c’est leur responsabilité. » – Geneviève Trudel, porte-parole de la CNESST

« Les entreprises agricoles doivent se prendre en main. La sécurité, c’est leur responsabilité. » – Geneviève Trudel, porte-parole de la CNESST

17 décès et 4 670 accidents

Les statistiques n’ont rien de réjouissant. Sur les 12 545 entreprises agricoles encadrées par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), on a dénombré pas moins de 17 décès et 4 670 accidents causant des lésions au cours des cinq dernières années.

Et ce n’est que la pointe de l’iceberg. Ces résultats pourraient être multipliés par deux ou par trois puisque la CNESST n’a juridiction que sur un peu plus du tiers de toutes les fermes, celles qui retiennent les services d’au moins un travailleur rémunéré.

L’autre mauvaise nouvelle : le nombre d’accidents est en hausse. De fait, il y a eu 854 cas où des lésions ont été enregistrées en 2012 en milieu agricole, un nombre qui a crû chaque année pour atteindre 1 033 en 2016. L’an dernier, cinq décès ont également été compilés par la CNESST.

Parmi les lésions professionnelles relevées par l’organisme de 2012 à 2016, on note entre autres 199 attaques par des animaux, 709 chutes, 1 021 accidents où des personnes ont été heurtées ou frappées par un objet et 463 cas de personnes coincées ou écrasées par un équipement ou un objet.

« Pas plus imprudents que les autres » – Pierre Bélisle, coroner

Après 17 ans de métier et plus de 1 500 dossiers d’enquête sur des décès, le coroner Pierre Bélisle croit que les agriculteurs ne sont pas plus imprudents que les autres travailleurs ou que les autres propriétaires d’entreprises.

« La grande différence, c’est que dans le domaine agricole, l’entreprise est dans la cour arrière de la maison familiale. Il y a beaucoup de bâtiments, de véhicules en mouvement, des animaux… Bref, beaucoup d’occasions d’accidents », témoigne-t-il.

Me Bélisle y va cependant d’une observation : « Les producteurs ne respectent pas toujours les normes du fabricant, car ils essaient d’améliorer le rendement, mais aussi parce que ce sont des gens imaginatifs qui essaient des choses que d’autres ne feraient pas. »

Le Coroner soutient que pour diminuer les accidents, les producteurs doivent se questionner « comment puis-je faire un usage plus prudent de mes équipements. »

 

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