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La prolifération de pucerons est optimale lorsque les précipitations sont faibles et que la température varie entre 22 et 25 °C, mais ralentit au-delà de 30 °C. Photo : Gracieuseté de Cynthia Lajoie

La prolifération de pucerons est optimale lorsque les précipitations sont faibles et que la température varie entre 22 et 25 °C, mais ralentit au-delà de 30 °C. Photo : Gracieuseté de Cynthia Lajoie

Une année de pucerons dans le soya

En date du 28 juillet, 15 des 65 champs de soya dépistés par le Réseau d’avertissement phytosanitaire (RAP) à travers la province dépassaient le seuil d’alerte de 250 pucerons par plant, ce qui représente une augmentation des populations de pucerons par rapport à la semaine précédente.

« Puisque l’ensemble des champs de soya sont encore à un stade de développement critique face à ce ravageur, le dépistage des champs est recommandé pour les régions du Centre-du-Québec, de l’Estrie, de Lanaudière, des Laurentides et de la Montérégie », indiquait la publication du RAP du 22 juillet.

Dans les champs dépistés en Mauricie, l’agronome Cloé Deschesnes soutient que les observations sont variables. Dans certains champs, les plants sont petits, mais infestés à 2 000 pucerons par plant, alors que des plants plus matures, dans d’autres champs, n’ont qu’entre 50 et 150 pucerons par plant. Elle précise toutefois qu’il n’est pas encore nécessaire de traiter les plants pour l’instant, mais invite les producteurs à dépister leurs champs à intervalle de trois à sept jours pour ainsi voir si les prédateurs naturels des pucerons parviennent à contrôler la situation.

Dans sa région, cependant, les populations de coccinelles, qui ingèrent 260 pucerons par insecte par heure, sont moins importantes cette année. Elles ont cédé la place aux larves de mouches, un autre prédateur du puceron, dont les populations sont présentes en plus grand nombre. Dans le cas où il faudrait traiter un champ, le RAP invite les producteurs à bien lire les étiquettes, puisque plusieurs insecticides homologués ne peuvent être appliqués lorsque le soya est en fleurs en raison des pollinisateurs, qui peuvent être affectés par ces produits.

En Montérégie, certains champs ont dû être traités la semaine dernière, mais la situation semble s’améliorer. Les ennemis naturels ont majoritairement fait leur travail, explique l’agronome de Pioneer pour la région, Cynthia Lajoie. « En ce moment, on voit une diminution marquée [de la prolifération] dans les quelques champs que j’ai visités, dit-elle. L’autre chose que je constate, c’est que le soya commence à être avancé dans les stades. On voit la formation de gousses sur une bonne partie du plant, alors il y a peut-être moins de rentabilité à penser faire un arrosage. » Les populations de coccinelles sont très élevées dans sa région, ce qui permet d’espérer une réduction des populations de pucerons dans les prochaines semaines.