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L’agricultrice caresse le rêve de créer un réseau d’éleveurs d’émeus au Québec.

L’agricultrice caresse le rêve de créer un réseau d’éleveurs d’émeus au Québec.

Un économusée axé sur le gras des animaux voit le jour

En 1995, le projet d’établir un économusée au Centre de l’émeu de Charlevoix faisait l’objet de premières ­discussions entre la propriétaire Raymonde Tremblay et les représentants de la Société du réseau Économusée. ­Dix-sept ans plus tard, l’Économusée de la huilière voit enfin le jour et propose aux visiteurs une incursion dans l’histoire de la transformation du gras animal en huile, des bélugas aux émeus.

Raymonde Tremblay

Raymonde Tremblay

En 1997, quand Raymonde Tremblay a acheté ses 40 premiers émeus et les a installés à Saint-Urbain, dans Charlevoix, le Québec comptait plus d’une centaine d’élevages de ce grand oiseau importé d’Océanie. Au fil des ans, la passion de Mme Tremblay pour cet animal n’a cessé de croître, tout comme son cheptel, tandis que les autres éleveurs lançaient tour à tour la serviette.

« Quand je me suis lancée, au départ, mon intention était surtout de faire la mise en marché de la viande et celle d’émeus vivants. L’évolution du marché a été bien différente. C’est le gras d’émeu transformé en huile qui a suscité l’intérêt du consommateur », explique l’éleveuse. Six ans de recherche et développement auront été nécessaires pour mettre au point la technique ­d’extraction et de purification de l’huile, inodore et hypoallergène, qui entre aujourd’hui dans la préparation de produits cosmétiques et de soins de qualité du Centre de l’émeu.

La viande d’émeu est toujours transformée, et servie sur place, mais c’est autour du gras animal qu’a été construit l’Économusée de la huilière, en collaboration avec la Société du réseau Économusée. « Quand est venu le temps de définir notre projet, celui qui avait un lien avec le savoir-faire de la région a été retenu. En 1750, la région transformait déjà le gras de ­marsouins pour s’éclairer », résume Mme Tremblay.

« Dans tous nos économusées, on essaie systématiquement de faire un lien entre l’entreprise et le passé, l’histoire de la région. Le métier que Raymonde Tremblay pratique est le même que ceux qui transformaient le gras de marsouin en huile en 1750 », ­commente Carl-Éric Guertin, directeur général de la Société du réseau Économusée.

Cinquième économusée dans Charlevoix

L’Économusée de la huilière s’inscrit dans une longue lignée d’économusées. Il s’agit du cinquième à être implanté dans Charlevoix après ceux de la fromagerie, du cidrier, du papier et de la meunerie. L’affiliation au réseau des économusées est un gage de qualité dans le milieu touristique, croit M. Guertin. « Ça vient rehausser la qualité de l’attrait touristique. Le réseau est de plus en plus connu au Québec et dans le monde », indique-t-il. 


Le rêve d’un réseau d’éleveurs d’émeus

Raymonde Tremblay souhaiterait maintenant réussir à convaincre des jeunes, et moins jeunes, à se lancer dans l’élevage de cet animal d’exception. « J’aimerais faire un réseau d’éleveurs d’émeus au Québec; ce sera mon legs », lance-­t-elle avec un grand sourire.